Hausse des prix : les syndicats de copropriété épinglés par deux associations

Chez certains syndics de copropriété, les prix des forfaits ont augmenté de plus de 30% en trois ans. 
Chez certains syndics de copropriété, les prix des forfaits ont augmenté de plus de 30% en trois ans.  (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

L'association de consommateurs UFC Que Choisir et l'Association des responsables de copropriété (ARC) dénoncent les mauvaises pratiques de certains syndicats de copropriété. Dans leur viseur : la hausse des prix et la baisse des prestations.

En pleine période d'assemblées générales de copropriétaires, les syndicats de copropriétés sont étrillés par l'UFC Que Choisir et l'Association des responsables de copropriété (ARC). Les deux associations ont passé au crible les cinq plus gros syndics de France, ce qui représente 70% du marché. Conclusion : les tarifs sont en augmentation quand, dans le même temps, les prestations diminuent continuellement.

Les prix se sont envolés chez certains prestataires

Depuis le dernier Observatoire des syndics proposé par ces associations en 2014, les prix se sont envolés chez certains prestataires. Ainsi, en trois ans, les forfaits ont augmenté de 38% chez Loiselet et Daigremont, 33% chez Citya et 26% chez Naxity. Selon l'UFC Que Choisir, "les syndics ont profité du contrat-type pour faire exploser les prix". Depuis l'été 2015, le contrat-type, une disposition de la loi Alur, oblige les syndicats de copropriété à intégrer des prestations standards dans le contrat proposé aux propriétaires. D'autres prestations peuvent faire l'objet d'honoraires spécifiques mais leur nombre est limité. 

Des prix stables en trompe-l'oeil

Certains syndics comme Foncia ou Immo de France affichent pourtant des prix plutôt stables sur la période 2014-2017, mais selon les deux associations, il s'agit d'un leurre. En effet, pour l'UFC Que Choisir, les syndics en profiteraient pour baisser le nombre et la nature des prestations, en réduisant les heures ouvrables ou la durée des assemblées générales par exemple. Le surcoût induit est donc d'autant plus important. 

Les quelques prestations qui peuvent faire l'objet d'honoraires spécifiques sont elles aussi prétextes à alourdir l'addition : une assemblée générale supplémentaire a ainsi augmenté de 80 à 100% chez Citya ou Foncia. Enfin certaines clauses considérées comme abusives ou illicites restent présentes dans certains contrats, comme la facturation des frais de photocopie ou l'établissement d'un pré-état daté. 

La loi Alur, votée en 2014, était censée museler ces excès mais les décrets qui prévoient des sanctions contre les syndics fraudeurs ne sont toujours pas publiés. L'UFC Que Choisir et l'Association des responsables de copropriétés ont donc saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour qu'elle intensifie ses contrôles. 

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