Hollande : pas d'accord sur le Mistral "pour l'instant"

(Les deux "Mistral" construits par la France pour la Russie à quai à Saint-Nazaire © REUTERS/Stephane Mahe)

Le président de la République et le Premier ministre français ne confirment pas les informations du conseiller pour la coopération militaire et technique du président russe, selon lequel un accord sur le dédommagement de la non-livraison des navires Mistral à la Russie aurait été trouvé. Des décisions "importantes" seront prises à la fin de l'été, a précisé Manuel Valls.

La France ne confirme pas les déclarations rapportée par la presse du conseiller pour la coopération militaire et technique du président russe, Vladimir Kojine, dans le dossier des navires de guerre type Mistral construits pour la Russie. "Les négociations sont déjà entièrement achevées, tout a déjà été décidé - et les délais, et la somme ", a-t-il assuré selon RIA Novosti. Et il espère d'ici peu la signature d'un accord sur lequel figurerait noir sur blanc la somme à rembourser par la France pour la non-livraison des deux bâtiments, toujours à quai à Saint-Nazaire.

Mais le premier ministre Manuel Valls a de fait nié tout accord abouti, déclarant à la sortie du Conseil des ministres que des "décisions importantes " concernant les conditions de résiliation du contrat seraient prises "à la fin de l'été ". "Nous aurons l'occasion de nous exprimer dans quelques jours, dans quelques semaines ", dit-il.

Quelques heures plus tard, le Président François Hollande a indiqué lors d'un déplacement à Saint-Cirq-Lapopie que "pour l'instant ", il n'y avait "pas d'accord " entre la France et la Russie sur le dossier des navires Mistral, qui empoisonne les relations entre les deux pays.

"Des discussions sont engagées. Je prendrai la décision dans les prochaines semaines" a déclaré le chef de l'Etat. 

1,16 milliard à rembourser (médias)

Le quotidien russe Kommersant parle pourtant d'une somme de 1,16 milliard d'euros. Citant plusieurs sources, il affirme que les négociations entre le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine et le secrétaire général français pour la Défense, Louis Gautier ont été bouclées la semaine dernière et ont abouti à un accord qui devrait être signé dans les dix premiers jours du mois d'août par Vladimir Poutine et François Hollande.

"Nous en restons à ce qu'a dit le président de la République "

Le président français a en effet déclaré lundi dernier qu'il allait prendre sa décision "dans les prochaines semaines ". "Nous en restons à ce qu'a dit le président de la République lundi sur ce sujet ", commente-t-on à l'Elysée ce vendredi.

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La livraison du premier BPC, pour Bâtiment de projection et de commandement, le Vladivostok, devait avoir lieu en octobre 2014 et la seconde, le Sébastopol, devait avoir lieu en octobre prochain. Mais la crise en Crimée, puis la guerre en Ukraine, ont poussé le président de la République à suspendre les livraisons et depuis, les deux navires - dont l'entretien coûte cher - constituent des points de friction supplémentaires dans les relations franco-russes. Le contrat, conclu en 2011, était évalué à 1,2 milliard d'euros. Il s'agissait du premier de ce genre entre la France et la Russie. Et sans doute du dernier avant longtemps.

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