"On ne baisse pas les bras" : les employés du Park Hyatt Vendôme déterminés à poursuivre leur grève

Les grévistes de l\'hôtel Park Hyatt Vendôme à Paris, le 13 otcobre 2018.
Les grévistes de l'hôtel Park Hyatt Vendôme à Paris, le 13 otcobre 2018. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

Les grèvistes réclament l'internalisation des femmes de chambres et gouvernantes sous-traitantes et une augmentation de salaires pour les employés déjà intégrés. Ils entament ce jeudi leur 24e jour de grève.

Au son des casseroles et de tambours, salariés et sous-traitants du Park Hyatt Vendôme tiennent toujours le piquet de grève devant le palace parisien, jeudi 18 octobre, pour la 24e journée consécutive. La fédération CGT du commerce et des services appelle à une manifestation de soutien. Pourtant, ces grévistes ont bien cru que la contestation allait tourner court. Vendredi, une vingtaine d'entre-eux ont été délogés par des policiers en tenue antiémeute, et tenus distance de l'entrée de cet hôtel de luxe du 2e arrondissement de Paris.

Nora, gouvernante depuis 8 ans au sein de l'hôtel de luxe, est encore sonnée par les évènements. "Tout se passe bien ici, dans la convivialité, il n'y a pas de bagarre, on partage des repas ensemble et vendredi, on n'a pas compris ce qui s'est passé. Des cars de CRS sont arrivés et nous ont tous délogés, un par un, et nous ont tenus à l'écart dans une nasse, pendant plus de quatre heures. Deux collègues ont même été blessés", déplore-t-elle, contactée par franceinfo.

La direction précise à franceinfo qu'il s'agit de deux salariés non-grévistes. Par ailleurs, elle estime que les grévistes empêchaient les salariés "de prendre leur poste". Le tribunal de grande instance de Paris a en effet ordonné aux grévistes de "cesser tout agissement d'entraves à la liberté des salariés" ne participant pas au mouvement social.

"On mérite un peu plus d'appréciation"

"Cela a été très violent, c'était vraiment très difficile, mais on est encore là et on ne baisse pas les bras", estime Clize. Cette quinquagénaire travaille depuis 16 ans au Park Hyatt Vendôme en tant qu'employée du restaurant pour le personnel. Et elle n'a connu qu'une seule augmentation de salaire de 20 euros brut mensuel, au début de l'année 2018. "Mais ce n'est pas assez. On mérite un peu plus d'appréciation", argue-t-elle. Les grévistes réclament une augmentation de trois euros de leur taux horaire.

Un sentiment partagé par Jean-Louis, peintre pour le palace depuis une dizaine d'années. "Depuis 11 ans, je travaille dur. C'est la première fois que je fais grève. On réclame une augmentation de salaire. Et résultat : on nous envoie des policiers", se désole-t-il, encore "choqué" par la journée de vendredi.

"On est prêt à faire grève le temps qu'il faut"

A ces revendications de hausse de salaires des employés du palace s'ajoutent aussi celles des sous-traitants : femmes de ménage et gouvernantes sont toutes employées par une société externe. Aujourd'hui, elles demandent leur internalisation. Avec la fusion des instances représentatives du personnel, elles craignent de ne plus pouvoir siéger, en tant que sous-traitants, dans les nouvelles organisations.

"Ces dernières années, on a réussi à obtenir un treizième mois, des tickets restaurants, des heures supplémentaires... On a peur que ces accord soient désormais menacés, explique Nora. On est prêt à faire grève le temps qu'il faut." De son coté, la direction estime qu'"aucune réunion ne peut être mise en œuvre tant que la CGT privilégiera les troubles à l'ordre public au préjudice de la négociation".

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