Les pompiers prolongent leur mouvement de grève de deux mois

Des pompiers en grève à Thionville (Moselle), le 14 juillet 2019.
Des pompiers en grève à Thionville (Moselle), le 14 juillet 2019. (MAXPPP)

Le mouvement de protestation, qui n'a jusqu'ici pas empêché les interventions, devait en théorie se terminer samedi 31 août.

En grève depuis la fin juin, les sapeurs-pompiers ont décidé, mercredi 28 août, de prolonger leur mouvement jusqu'à fin octobre. Le service minimum continuera toutefois d'être assuré, comme lors des deux derniers mois. La grève n'a jusqu'ici pas empêché les interventions et s'est surtout traduite par des banderoles sur les casernes, des inscriptions sur les engins, et le port de tee-shirts et de brassards chez les pompiers grévistes. Elle devait en théorie se terminer, samedi 31 août, mais les sept syndicats de pompiers professionnels à l'origine du mouvement ont annoncé une "reconduction du préavis de grève pour deux mois supplémentaires".

Ensemble, ces organisations représentent 85% des 40 000 pompiers professionnels, un chiffre à mettre en regard avec le nombre de 247 000 sapeurs-pompiers (militaires, professionnels, volontaires) de France. Selon les syndicats, la grève a été suivie dans 90 services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) sur 100. Devant l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait lui avancé un chiffre de "5%" de grévistes.

Une "manifestation nationale" à l'automne

Les syndicats promettent une "manifestation nationale" à venir. Sa date n'a pas encore été arrêtée, mais elle devrait avoir lieu "lors de la deuxième quinzaine d'octobre", a déclaré à l'AFP André Goretti, président du FA/SPP-PATS, premier syndicat de pompiers professionnels. Après deux mois de conflit social, les syndicats ont le sentiment d'être ignorés. "Il n'y a eu aucune rencontre avec le ministre de l'Intérieur, aucun courrier, aucun contact", dénonce André Goretti.

Les revendications des pompiers restent les mêmes : lutter contre la "sursollicitation" (missions qui ne relèvent pas de l'urgence et du coeur de métier des pompiers), une revalorisation de la prime de feu (28% du salaire de base contre 19% actuellement) à hauteur des primes de risques accordées aux policiers et gendarmes, et le ras-le-bol face aux agressions. Concernant cette problématique, Christophe Castaner a annoncé fin juillet l'arrivée de caméras-piétons, que les pompiers pourront porter comme cela se fait déjà parmi les policiers. Les équipements doivent arriver en septembre dans les casernes, mais l'initiative ne fait pas l'unanimité. "C'est un leurre", estime André Goretti, pour qui l'arrivée de caméras sera "mal comprise lors des interventions en zones sensibles". Il craint que cela "amplifie l'organisation de guet-apens".

Vous êtes à nouveau en ligne