VIDEO. Réforme des retraites : avant la grève du 5 décembre, le gouvernement répète ses éléments de langage

L'exécutif s'est réuni, dimanche, à Matignon. Dès le lendemain, les ministres ont montré qu'ils avaient accordé leurs violons (et leur vocabulaire).

A quelques jours de la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites, le gouvernement s'est réuni à Matignon, dimanche 1er décembre. Objectif : faire bloc face à la contestation et essayer d'oublier les couacs, comme celui sur la "clause du grand-père". Dès lundi matin, les ministres ont montré qu'ils étaient sur la même ligne, éléments de langage et arguments similaires à l'appui.

Selon le gouvernement, le système actuel est à l'agonie. "Le système des retraites aujourd'hui se meurt", a affirmé Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du logement, sur Radio Classique. "Le régime de retraite que nous avons construit en 1945 est à bout de souffle", a de son côté martelé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, sur France Inter.

C'est un système qui ne tient plus la route.

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie

sur France Inter

Si les membres du gouvernement pensent que le modèle actuel risque de s'effondrer, c'est notamment parce qu'il est trop "complexe", ont estimé les différents ministres. "Les retraites, aujourd'hui, sont un système complexe, qui risque de ne pas fonctionner dans les temps à venir si on ne fait rien", a déclaré Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, sur RTL. Même champ lexical du côté du ministre de l'Economie qui a estimé que la France avait "empilé la complexité en empilant les caisses", dénonçant les "42 régimes" aujourd'hui en vigueur.

"En grève parce qu'ils ne comprennent pas tout"

Au-delà de cette complexité, le système actuel de retraite est également "injuste", d'après Bruno Le Maire, et il fait perdurer des "inégalités criantes", selon Julien Denormandie. Si le gouvernement mène une réforme des retraites, c'est "pour assurer pour les générations à venir une retraite à la fois plus équitables et plus simple", a abondé le ministre de l'Education nationale.

Toutefois, l'exécutif assure comprendre celles et ceux qui comptent manifester le 5 décembre. "La liberté de manifester, la liberté de faire grève sont deux libertés auxquelles nous sommes tous évidemment attachés", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe, dimanche, avant le séminaire gouvernemental. Message reçu par les ministres. "Je ne suis pas là pour juger les manifestations. Les manifestations sont légitimes dans notre pays", a déclaré le ministre de l'Economie. "Je pense que certains seront en grève parce qu'ils ne comprennent pas tout", a jugé Jean-Michel Blanquer, tout en nuançant : "Ils ont envie de faire valoir leur façon de voir, ce qui est tout à fait leur droit en démocratie."

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