Réforme des retraites : "Je ne me vois pas travailler plus longtemps mais je sais que je vais être obligée de le faire", s'inquiète Dominique, caissière depuis plus de 30 ans

Une caissière passe des articles sur le tapis roulant d\'un supermarché. Photo d\'illustration. 
Une caissière passe des articles sur le tapis roulant d'un supermarché. Photo d'illustration.  (DESTOC / MAXPPP)

Alors qu'une manifestation interprofessionnelle se profile le 5 décembre contre la réforme des retraites, franceinfo vous propose tous les jours des portraits de Français face à leur retraite. Lundi, Dominique, 53 ans, nous parle de la pénibilité de son métier de caissière.

Dominique travaille en Seine-et-Marne. Cela fait 32 ans qu’elle est assise derrière sa caisse à scanner des articles. Âgée aujourd’hui de 53 ans, elle se sent déjà fatiguée. La retraite est encore loin, et la réforme en cours n'est pas de nature à la rassurer. "Je souffre de tendinite au niveau des coudes, de douleurs au niveau des cervicales et de tassement au niveau des lombaires qui sont la conséquence de mes positions en caisse depuis tant d’années et de passage d’objets lourds", explique-t-elle. Une fatigue physique mais aussi psychologique, selon Dominique "parce qu’il faut se concentrer quand même un petit peu et être toujours agréable", dit-elle.

J’ai toujours des gros packs d’eau et de bière à passer, et j’avoue qu’au bout de ma journée de huit heures, je rentre et je suis extrêmement fatiguée. Et puis on n’a pas forcément des gens agréables en face de soi. Ça aussi ça pèse.Dominique, caissièreà franceinfo

La pénibilité de son travail et ses gestes répétitifs ne sont pas reconnus. Dominique n'a pas de compte professionnel de prévention, ni les points qui lui permettraient de partir plus tôt à la retraite. Alors, avec 950 euros par mois pour 30 heures par semaine, cela fait déjà quelques temps que cette mère de famille s'est préparée à travailler plus longtemps. "J’avoue que ça me fait peur parce qu’au vu des douleurs que j’ai déjà à 53 ans, de l’usure du corps, je ne me vois pas vraiment travailler plus longtemps, mais je sais que je vais être obligée de le faire", s'inquiète-t-elle.

Dominique, 53 ans, caissière.
Dominique, 53 ans, caissière. (WILLY MOREAU / RADIO FRANCE)

Partir à 62 ans mais avec une retraite de 400 euros, qui peut accepter ça ?Dominiqueà franceinfo

Dominique n'est pas favorable à la réforme voulue par le gouvernement. Encore moins à l'instauration d'un âge pivot à 64 ans, comme le préconise le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Mais si la surcote de 5% par an est actée au-delà de cet âge, elle pourrait bien prendre sa retraite plus tard. "Je serai peut-être obligée de le faire, pour gagner 5% sur une petite retraite assez misérable, on va dire. Je ne le ferai pas parce que j’en ai envie mais par nécessité, oui certainement. Il va falloir que je tienne".

Emmanuel Macron, lui, penche davantage pour augmenter la durée de cotisation. Mais dans tous les cas, "ça ne changera rien pour moi, je travaillerai plus longtemps", conclut Dominique.    

Dominique : "Je ne me vois pas travailler plus longtemps mais je sais que je vais être obligée de le faire" - le reportage de Willy Moreau
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Tous les jours jusqu'à la journée de grève du 5 décembre, franceinfo va à la rencontre de Français pour les entendre et comprendre à travers leurs témoignages les enjeux de la réforme des retraites et ses implications futures. 
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