Quatre conséquences inattendues de la grève dans les transports

Une poche de sang durant une campagne de l\'Etablissement français du sang, le 21 décembre 2017 à Tours.
Une poche de sang durant une campagne de l'Etablissement français du sang, le 21 décembre 2017 à Tours. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Entre reports d'examens ou hausse du nombre d'accidents, les grèves ont aussi des répercussions imprévisibles.

Cohue sur les quais, rames bondées, bouchons sur les routes, incivilités... Depuis son coup d'envoi le 5 décembre, la grève contre la réforme des retraites provoque de nombreuses perturbations, notamment dans les transports. Un mouvement qui commence aussi à avoir des conséquences économiques pour les commerçants, en pleine période d'achat des cadeaux de Noël, ou pour les hôteliers, dont les réservations sont en chute libre. Mais il y a aussi des répercussions moins évidentes. En voici quelques exemples.

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Des examens reportés

La grève contre la réforme des retraites empêche la bonne tenue des examens pour des milliers d'étudiants. De nombreuses facultés un peu partout dans le pays ont décidé de reporter les partiels du premier semestre à l'année prochaine. C'est le cas notamment à Lille, Amiens, Bordeaux, Lyon, Poitiers ou Rennes.

En Ile-de-France aussi, plusieurs sessions sont reportées. C'est le cas par exemple à l'université de Créteil, où certaine filières ont décidé d'organiser les épreuves début 2020. A Nanterre, les épreuves prévues la semaine du 16 au 21 décembre sont reportées à la mi-janvier, indique l'université. A Paris 1, Paris 5, Paris 7 et Paris 13, la plupart des examens sont également reportés après les vacances de fin d'année.

A Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), en revanche, les examens sont maintenus, malgré une pétition qui a regroupé plus de six cents signatures pour demander le report des épreuves.

Des procès renvoyés

Le procès en appel de deux ex-skinheads impliqués dans la mort du militant antifasciste Clément Méric, lors d'une rixe en 2013, a été renvoyé le 11 décembre à une date ultérieure. La grève a empêché plusieurs témoins essentiels du procès de faire le déplacement jusqu'au palais de justice d'Evry (Essonne). La date de renvoi n'a pas encore été fixée mais l'appel ne devrait pas être jugé avant le deuxième semestre 2020.

Même situation pour le procès de Cédric Herrou, agriculteur de la Roya et défenseur de la cause des migrants, qui devait être jugé devant le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes) pour injure et diffamation à l'encontre du député Les Républicains Eric Ciotti, rapporte Nice-Matin. Un des avocats venant de Paris pour plaider a été bloqué par la grève des transports. Les débats prévus le 12 décembre ont été reportés.

Une hausse des accidents 

Le porte-parole des pompiers de Paris, le colonel Gabriel Plus, a expliqué au Monde qu'une hausse de 40% de l'accidentologie avait été constatée dans la capitale depuis le début du mouvement de grève. Les deux-roues (vélos, scooters, trottinettes) sont essentiellement concernés. 

"C'est vrai pour les scooters, mais aussi les vélos, les vélos électriques ou les trottinettes, précisent les pompiers au Parisien. Il peut s'agir soit d'usagers qui perdent le contrôle, qui percutent un piéton ou ont un accident avec un automobiliste." Au total, six cents interventions ont été enregistrées en dix jours, contre quatre cent cinquante à la même période l'an passé.

Sur franceinfo, le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, a estimé que "ce sont d'abord les automobilistes qui doivent faire attention", car "ce sont eux qui peuvent causer le plus de dommages à autrui". Il réclame notamment la plus grande vigilance lors des dépassements : "Je rappelle qu'on a le droit de franchir une ligne blanche pour doubler un cycliste."

Par ailleurs, les embouteillages importants de ces dernières semaines provoquent un accroissement des délais d'intervention des secours, malgré les sirènes. "Pour se frayer un chemin, il faut les faire résonner plus longtemps", assurent les pompiers au Monde.

Une baisse des dons de sang

"On est extrêmement inquiets", a témoigné le docteur François Charpentier, porte-parole de l'Etablissement français du sang (EFS), vendredi dernier sur RTL. Il a également lancé un appel au don en vue des fêtes de fin d'année, période durant laquelle on observe traditionnellement une diminution des dons.

"On est dans une période où on aurait aimé faire 5 000 [dons] de plus pour préparer les fêtes de fin d'année qui sont traditionnellement des périodes difficiles pour notre collecte. Un don, c'est potentiellement trois vies sauvées donc il est vraiment important plus que jamais de donner son sang", a-t-il expliqué.

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