Grève des enseignants : une nouvelle journée "assez compliquée" à gérer, selon le premier syndicat de proviseurs

Les personnels du collège Elsa-Triolet de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se sont mis en grève vendredi, après l\'agression d\'une enseignante jeudi. Photo d\'illustration. 
Les personnels du collège Elsa-Triolet de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se sont mis en grève vendredi, après l'agression d'une enseignante jeudi. Photo d'illustration.  (ALEXANDRE MARCHI /NCY / MAXPPP)

Cette nouvelle journée de grève dans les établissements scolaires, mardi 10 décembre, s'annonce "assez compliquée" à gérer, selon le SNPDEN, premier syndicat de proviseurs.

16,01% des enseignants sont en grève, mardi 10 décembre, indique le ministère de l'Education nationale, dont 19,41% dans le second degré, 62% selon les syndicats. Cette nouvelle mobilisation des enseignants devrait être "assez compliquée" à gérer estime Philippe Vincent, président du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN), premier syndicat de proviseurs.

franceinfo : Est-ce une nouvelle journée compliquée pour vous ?

Philippe Vincent, secrétaire national du SNPDEN : Cela reste une journée assez compliquée, d'autant plus que dans le second degré, il est difficile d'avoir une visibilité sur ce que seront les mouvements de grève. C'est vrai qu'on doit faire preuve d'adaptabilité parce qu'on gère au quotidien et on est amené à changer de pied en fonction de l'évolution de la situation dans les collèges ou les lycées. On essaye, dans la mesure du possible de faire une communication par anticipation, si on a le sentiment que le mouvement va être très suivi. Sur certains services, comme l'internat, en général, les personnels nous préviennent et on sait si on peut ou pas faire fonctionner une demi-pension le midi ou un internat le soir. Donc, de ce point de vue-là, il y a des rapports sociaux qui permettent d'anticiper. Et ensuite, on essaye de tenir au courant les familles de manière plus ou moins régulière. On a aujourd'hui des espaces numériques de travail qui permettent d'informer les familles et de leur faire passer une communication.

Les élèves sont-ils un peu abandonnés à leur sort ?

Il y a un peu de ça, même si les lycéens savent s'adapter eux-mêmes et gérer leur emploi du temps parce que d'une manière générale, on est capable de leur dire qui assurera ou qui n'assurera pas le cours assez rapidement. Dans les collèges, c'est un peu plus compliqué parce qu'il faut assurer une obligation de surveillance et de sécurité. Les collègues principaux ont plus de travail sur ces mouvements là que les collègues de lycée, parce que le lycéen s'adapte de lui-même assez naturellement.

Craignez-vous une incidence sur la scolarité ?

D'une manière traditionnelle, tout ça s'étale dans le temps. J'étais déjà en fonction en 1995 et la grève avait été autrement plus longue et autrement plus suivie. Au final, ça n'a pas eu de répercussion sur la scolarité de l'élève. Si on reste dans cette épure-là, on peut penser que ce sera rattrapable sans trop de difficultés sur l'année.

Est-ce que vous entendez la colère des enseignants qui va au-delà de la réforme des retraites?

Le détonateur, c'est la question des retraites, parce qu'on voit bien qu'en dépit des annonces du gouvernement et du ministre, il y a des doutes sur ce que sera le niveau réel de pension dans un nouveau système. Et puis, il y a effectivement toujours l'idée que les enseignants sont plutôt moins bien rémunérés, en particulier en début de carrière, et que tout ça fait un cocktail un peu détonnant.

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