Ordonnances : "Pas d'inquiétude à avoir" pour les entreprises, selon l'Organisation des transporteurs routiers européen

Photo d\'illustration d\'une manifestation des routiers.
Photo d'illustration d'une manifestation des routiers. (MAXPPP)

Selon la présidente de l'organisation des transporteurs routiers européens, Aline Mesplès, "il n'y a pas de raison qu'il y ait un traitement particulier des entreprises du transport".

Le mouvement des routiers à l'appel des syndicats CGT et FO, contre la réforme du Code du travail, promet de bloquer, lundi 25 septembre, plusieurs lieux stratégiques en France. Pour Aline Mesplès, présidente de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), il n'y a pourtant "pas d'inquiétude à avoir" dans le secteur du transport. Selon elle, "les entreprises de transport routier et leurs salariés ne sont pas plus touchées par les ordonnances que l'ensemble des autres entreprises".

>> DIRECT. Les routiers entament leurs actions contre la réforme du Code du travail

franceinfo : Les fédérations syndicales assurent qu'il n'y aura plus de protection pour les salariés dans les TPE et PME du transport. Les revendications portent sur les primes, qui ne seraient plus fixées par les accords de branche ?

Aline Mesplès : Au pire ils exagèrent, au mieux ils font des amalgames qui ne sont pas acceptables. Les entreprises de transport routier et leurs salariés ne sont pas plus touchées par les ordonnances que l'ensemble des autres entreprises. C'est vrai que l'on a d'autres spécificités qui sont protégées par d'autres textes que le Code du travail mais il n'y a pas de raison qu'il y ait un traitement particulier des entreprises du transport. Ils parlent de primes d'ancienneté qui n'existent pas dans la convention collective des transports routiers. On a des majorations de taux horaires pour récompenser la fidélité d'un salarié. Les ordonnances et la loi travail ne prévoient absolument pas de les remettre en cause. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir.

Le problème des routiers, comme des patrons de TPE et de PME, c'est la concurrence, le dumping social, avec des entreprises de transport venues des pays de l'Europe de l'Est ?

Voilà. Le sujet principal de nos entreprises à l'heure actuelle, c'est celui-là, ce n'est pas le dialogue social. D'ailleurs il est assez difficile d'accepter pour des chefs d'entreprises que des syndicalistes viennent leur dire que le dialogue social n'existe pas dans les PME et les TPE. Si les syndicalistes n'ont pas plus d'adhérents dans les TPE et PME, il faut qu'ils se posent la question de l'offre syndicale qu'ils font. Le sujet numéro un c'est le dumping social, la concurrence d'Europe de l'Est et de la péninsule ibérique, le futur paquet mobilité qui va être discuté dans les prochaines semaines au niveau du Parlement européen. Surtout, aussi, la réforme de la directive sur le détachement du personnel, dont il est question que le secteur du transport soit exclu : ce serait une catastrophe pour nos entreprises. On souhaiterait que les syndicalistes, qui aujourd'hui sont dans la rue, nous accompagnent et nous aident dans ce combat vital pour nos entreprises.

Dans ce combat contre le dumping, vous avez reçu le soutien du président de la République ?

Oui, on ne peut que se féliciter de voir un président de la République qui prend son bâton de pèlerin pour aller convaincre dans les pays de l'Est qu'on doit arriver à une harmonisation. Maintenant on sait que les divergences au sein de l'Europe sont importantes, qu'il faudra beaucoup de ténacité pour arriver à ce qu'on souhaite : qu'il n'y ait plus d'entreprise low-cost qui puisse travailler à la place des salariés français et des entreprises françaises, et qu'on puisse arriver à une Europe qui soit plus guidée par la justice sociale que par le dumping social.