Grève des pilotes d'Air France : plus de la moitié des avions cloués au sol

Un écran indique les vols Air France annulés à l\'aéroport de Marseille-Marignane, le 15 septembre 2014, au premier jour d\'une grève des pilotes de la compagnie.
Un écran indique les vols Air France annulés à l'aéroport de Marseille-Marignane, le 15 septembre 2014, au premier jour d'une grève des pilotes de la compagnie. (BORIS HORVAT / AFP)

Le mouvement de grève affecte lourdement certains aéroports du sud de la France.

La grève des pilotes a commencé, lundi 15 septembre, chez Air France. Pour ce premier jour, la situation était "conforme", à 9 heures, aux prévisions établies la veille après le recensement d'environ 60% de grévistes. Selon la compagnie aérienne, un peu moins d'un vol sur deux (48%) est assuré. "Pour l'instant, il n'y a pas de retards lourds", a ajouté un porte-parole d'Air France, qui fera connaître à 11 heures ses prévisions pour mardi.

Le mouvement de grève affecte toutefois plus lourdement certains aéroports du sud de la France, selon des informations recueillies auprès de sources aéroportuaires. Ainsi, 80% des vols sont annulés à Toulouse, 70% à Marseille, Lyon et Nice. A Bordeaux, près de la moitié des vols ont été supprimés.

Grève reconductible

La compagnie enjoint ses clients de "reporter leur voyage, changer leur billet sans frais" ou "se faire rembourser" et recommande à ceux "dont le vol serait annulé de ne pas se rendre en aéroport". Et pour limiter les dégâts, elle va s'efforcer de faire voler des avions "de plus grosse capacité".

Opposé au projet de développement de la filiale à bas coûts du groupe, Transavia, le SNPL, le syndicat majoritaire, a appelé à une grève reconductible du 15 au 22 septembre. Le Spaf, deuxième syndicat, et un troisième, Alter, appellent à cesser le travail jusqu'au 18.

"Ça va être la bérézina"

Le Spaf prédit toutefois un lundi noir avec "80 à 85% de vols annulés", sur la base d'informations provenant du centre de commandement opérationnel de la compagnie. "Les chiffres de la direction sont totalement faux, lundi, ça va être la bérézina", a estimé Julien Duboz, son porte-parole. "Quand la compagnie aura épuisé le réservoir de pilotes de l'encadrement", contraints au repos après avoir été appelés en renfort lundi, explique-t-il, "on arrivera au blocage total".

Dimanche, d'ultimes négociations avant le coup d'envoi de la grève n'ont pas permis de débloquer la situation : "elles ont achoppé", a déclaré Jean-Louis Barber, président du SNPL. Elles devaient reprendre lundi vers 10 heures, avec les syndicats représentatifs.