Grève à la SNCF : trois questions sur le projet d'accord entre la direction et les syndicats

Des employés de la SNCF renseignent des voyageurs lors de la journée de grève du 1er juin 2016, à la gare Saint-Lazare, à Paris.
Des employés de la SNCF renseignent des voyageurs lors de la journée de grève du 1er juin 2016, à la gare Saint-Lazare, à Paris. (RODRIGO AVELLANEDA / ANADOLU AGENCY / AFP)

La dernière séance de discussion, débutée lundi matin, s'est achevée mardi vers 4h30, après dix-neuf heures d'âpres discussions.

Se dirige-t-on enfin vers une sortie de crise à la SNCF ? A trois jours du coup d'envoi de l'Euro de football, la direction de l'entreprise a soumis à la signature des syndicats, mardi 7 juin, un projet d'accord sur l'organisation du temps de travail. Francetv info récapitule ce qu'il faut savoir à ce sujet.

Que prévoit le projet d'accord ?

Si le détail du texte en matière d'organisation du temps de travail n'est pas encore connu, sa philosophie ne faisait, lundi, plus guère de doute. Lors de la dernière séance de discussion, entamée lundi matin et achevée mardi vers 4h30, après dix-neufs heures de discussion, la direction devait en effet présenter à la CGT, l’Unsa, la CFDT et SUD-rail un texte "très proche" de l'ancien cadre de travail qui s'appliquait aux cheminots, écrit Le Monde

Ce quasi-statu quo s'explique par les négociations menées en parallèle par les syndicats avec le gouvernement, explique le quotidien du soir. L'exécutif souhaitait à tout prix mettre un terme au conflit social, qui dure depuis trois mois, avant le début de l'Euro vendredi. "Mise devant le fait accompli, la direction a fini par se ranger derrière le gouvernement", précise Le Monde. La SNCF, qui espérait 1,5% d'économies sur sa masse salariale grâce à cet accord, a donc dû céder aux revendications des syndicats.

Le texte est soumis à la signature jusqu'au 14 juin, mais "compte tenu du contexte, le plus vite sera le mieux", explique une source proche de la SNCF.

Qu'en pensent les syndicats ?

Pour être valable, l'accord doit recueillir la signature de syndicats représentant au moins 30% des voix aux dernières élections, et ne pas rencontrer d'opposition de la part d'organisations dépassant 50%. 

La signature des deux syndicats réformistes (Unsa, CFDT), qui dépassent les 30% requis, semble faire peu de doute. Mais la CGT-cheminots et SUD-rail ont la capacité de s'opposer à un accord. Mardi matin, la CGT a indiqué à l'AFP qu'elle prendrait "le temps nécessaire" pour se positionner sur le texte.

Autre dossier en cours : l'accord de branche, qui concernera tous les salariés du rail, dans le secteur privé ou public. Un dossier sensible alors que le marché du ferroviaire va s'ouvrir à la concurrence à la fin de la décennie. Les syndicats ont jusqu'à mercredi soir pour signer un projet d'accord sur une première convention collective, mais la CGT et SUD demandent toujours la réouverture des négociations. A ce niveau aussi, ils sont en mesure, avec FO, de s'opposer au texte.

La grève va-t-elle durer ?

C'est toute la question. Interrogé sur Europe 1, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé mardi matin que la négociation avait abouti à "un point d'équilibre" et qu'il n'y avait "plus aucune raison" de poursuivre la grève. Expliquant que le coût du mouvement social avait déjà dépassé les 300 millions d'euros, il a émis le voeu qu'elle cesse dans la journée pour "un retour à la normale dès demain" mercredi.

En attendant, le trafic va rester perturbé mardi avec en moyenne quatre Intercités sur dix, un Transilien et un RER sur deux, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF. En région parisienne, sur certaines lignes de banlieues (notamment la ligne J, qui dessert Argenteuil, seconde ville d'Ile-de-France), la grève dure depuis le 18 mai.