Menace de démission de médecins hospitaliers : "La ministre de la Santé ne veut pas négocier" accuse Patrick Pelloux

Patrick Pelloux lors de la manifestation pour sauver l\'hôpital public, le 14 novembre 2019 à Paris.
Patrick Pelloux lors de la manifestation pour sauver l'hôpital public, le 14 novembre 2019 à Paris. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Il y a "un ras-le-bol général" du milieu hospitalier, a expliqué dimanche sur franceinfo le président des médecins urgentistes de France, après la publication d'une tribune dans le JDD.

"On n'a plus les moyens de travailler et de mener nos missions telles qu'on les a apprises", alerte dimanche 15 décembre sur franceinfo Patrick Pelloux, président des médecins urgentistes de France. Dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, 660 médecins hospitaliers menacent de démissionner si le gouvernement "n'ouvre pas de réelles négociations".

"La grande conversation entre médecins à travers la France est de savoir qui s'en va le premier", confirme Patrick Pelloux, pour qui il y a "un ras-le-bol général" alors que "le milieu hospitalier est un milieu qui ne bouge pas trop socialement d'habitude."

Exaspération du milieu hospitalier

Si Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a annoncé, en juin et en septembre, 750 millions d'euros pour l'hôpital public, le manque d'argent reste un problème pour Patrick Pelloux.

On continue de fermer des lits d'hospitalisation, on n'arrive pas à recruter des personnels parce qu'on nous dit qu’on n'a pas de pognon.Patrick Pellouxà franceinfo

Une exaspération partagée par tous les corps de métier, selon lui, "que ce soit l'infirmière, l'aide-soignant, l'ambulancier, le médecin : ils disent qu'on ne peut plus travailler comme ça".

L'État incapable "d'obtenir une paix sociale"

Mardi, le personnel hospitalier est appelé à manifester dans la rue, le même jour que les cortèges contre la réforme des retraites, ces mouvements ayant en commun, selon Patrick Pelloux, une "incertitude sociale que le politique n'entend pas." "Ils sont capables d'essayer de négocier une paix entre l'Ukraine et la Russie, mais ils ne sont pas capables d'obtenir une paix sociale en France", a-t-il ajouté.

Patrick Pelloux appelle également à un Grenelle de l'hôpital public : "On se mettrait autour de la table, avec comme objectif un diagnostic sur la crise de l'hôpital public et sur les moyens à y mettre, ce serait intéressant". Mais, pour lui, "la ministre de la Santé ne veut pas négocier".

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