Annonces d'Agnès Buzyn : le collectif Inter-Urgences réclame "des preuves en termes d'emplois, de lits et de rémunération"

La grève aux urgences de l\'hôpital de Caen, le 7 août 2019.
La grève aux urgences de l'hôpital de Caen, le 7 août 2019. (JAN SCHMIDT-WHITLEY/LE PICTORIUM / MAXPPP)

Christophe Le Tallec, vice-président du collectif Inter-Urgences, attend des détails à propos des mesures déjà annoncées par la ministre de la Santé, alors que 249 services d'urgences sont toujours en grève un peu partout en France.

"Je veux des preuves en termes d'emplois, en termes de lits et en termes de rémunération pour l'ensemble du personnel des urgences et au-delà pour l'ensemble des personnels hospitaliers qui ont besoin d'une vraie reconnaissance", déclare lundi 9 septembre sur franceinfo Christophe Le Tallec, vice-président du collectif Inter-Urgences.

L'aide-soignant de nuit aux Urgences de l'hôpital de Nantes attend beaucoup des annonces de la ministre de la Santé et des Solidarité, Agnès Buzyn, lundi après-midi. "L'ensemble des personnels hospitaliers ont besoin d'une vraie reconnaissance", indique-t-il, alors que 249 services d'urgences sont toujours en grève sur l'ensemble du territoire. Le collectif Inter-Urgences décidera mardi, lors d'une réunion, de la suite du mouvement : "On verra à ce moment-là, suivant les décisions que Mme Buzyn va annoncer."

Aller "jusqu'au bout des revendications"

"La mesure essentielle c'est l'embauche de personnels à la hauteur des besoins dans nos services des urgences. Ensuite, c'est la réouverture de lits pour placer les patients. Enfin, c'est une revalorisation de nos salaires qui sont bien en-deçà des salaires des autres pays européens, ce qui représente un manque d'attractivité pour recruter du personnel dans nos établissements et dans nos centres de formation", énumère Christophe Le Tallec. Selon lui, ce plan qui doit être annoncé lundi est "une première victoire", mais doit être précisé.

Nous ce qu'on veut ce sont des détails, parce que dire qu'on va mettre 600 millions d'euros sur la table d'ici trois ans, cela ne suffit pas. Moi je voudrais savoir de quelle manière, à quelle hauteur et dans quels secteurs.Christophe Le Tallecà franceinfo

"Cela fait des années que les syndicats se battent pour essayer d'améliorer nos conditions de travail. L'Inter-urgence est née il y a quelques mois et nous resterons une organisation vigilante aux conditions de travail de nos collègues et aux conditions d'accueil des patients", assure Christophe Le Tallec.

"Nous sommes encore à 249 services d'urgence en grève sur l'ensemble du territoire. Nous n'avons plus le choix que d'aller jusqu'au bout de nos revendications, estime l'aide-soignant. Cela fait 30 ans que je travaille dans la fonction publique hospitalière et je veux retrouver une qualité de travail, d'accompagnement des personnes, de soutien, d'empathie. Aujourd'hui, on est rendu à une forme d'usine à soin, on n'a plus le temps de s'occuper de façon humaine des gens et c'est ce que nous dénonçons depuis le début. Il faut retrouver un vrai système hospitalier qui soit à la hauteur."

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