Agnès Buzyn : "Il y aura des annonces sur l'hôpital dans les "semaines qui viennent"

Agnès Buzyn le 11 octobre 2019, à Rouen.
Agnès Buzyn le 11 octobre 2019, à Rouen. (LOU BENOIST / AFP)

La hausse de 2,1% soit 1,6 milliard d'euros supplémentaires pour l'hôpital dans le budget 2020 est d'ores et déjà jugé insuffisant par les syndicats.

"Il y aura des annonces sur l'hôpital, notamment sur l'hôpital public. Ces annonces seront faites dans les semaines qui viennent", a indiqué la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur franceinfo mardi 22 octobre, alors que l'Assemblée nationale examine en ce moment le projet de budget pour la sécurité sociale.

franceinfo : Est-ce que ce budget est en mesure de répondre à cette situation de crise ?

Agnès Buzyn : Cette crise de l'hôpital, je la connais depuis qu'on est arrivés au gouvernement il y a deux ans. Toute mon action vise à soulager l'hôpital, notamment l'hôpital public. Nous avons commencé par une réforme, qui s'appelle "Ma santé 2022"dont le texte de loi a été voté au mois de juillet, qui vise à mieux organiser la médecine de ville et mieux structurer les hôpitaux publics sur le territoire. Mais c'est un texte qui ne répond pas à l'impatience, aujourd'hui, des services et des soignants, parce qu'il se met en place sur une période de trois ans. Et face à l'appauvrissement de l'hôpital public depuis des années, aux difficultés croissantes, il faut répondre à l'urgence. J'ai commencé par des mesures qui ont été présentées dans mon Pacte de refondation des urgences, au mois de septembre, des mesures très concrètes avec un budget pour recruter du personnel, notamment, pour décharger les urgences en amont, et en aval mieux réguler les lits, trouver des places dans les hôpitaux, recréer éventuellement des unités. Mais au-delà de ça, il faut travailler sur l'investissement. Les soignants ont besoin d'un outil de travail de qualité. Nous travaillons sur l'investissement courant : les machines, les plateaux techniques, les lits. C'est le premier axe. Le deuxième, c'est l'attractivité des carrières : comment fidéliser les personnels, comment reconnaître, valoriser les personnels tout au long de leur carrière. Et puis le troisième axe, c'est un budget que d'ores et déjà je travaille pour 2020, qui est contenu dans ce projet de loi de financement de la sécurité sociale et qui est un budget en hausse.

Une hausse de 2,1% pour l'hôpital, ce qui est insuffisant pour le syndicat Sud. Il est impossible de parvenir à 4% ?

Il y a 1,6 milliard d'euros supplémentaires qui vont être mis dans l'hôpital cette année, sans compter les 700 millions supplémentaires que nous avons mis l'année dernière. En plus de l'augmentation standard du budget hospitalier, nous avions rajouté de l'argent l'année dernière, pour prendre en compte les objectifs de restructuration du système de santé, et pour venir en aide aux hôpitaux, avec notamment 300 millions qui ont été dégagés au mois de mars. [...] Il y aura des annonces sur l'hôpital, notamment sur l'hôpital public. Ces annonces seront faites dans les semaines qui viennent.

Un mot sur les laboratoires d'analyse médicale fermés aujourd'hui : ils s'opposent à la demande d'économie qui leur est faite de 170 millions d'euros. Est-ce que les négociations peuvent aboutir ?

Les laboratoires sont en train de discuter avec la Caisse nationale d'assurance maladie qui finance ces laboratoires. Les concertations ont lieu sur les tarifs, elles sont en cours. Il y a une forme de bras de fer qui s'est engagé avec un mouvement dans les laboratoires privés qui veulent faire valoir leur mécontentement face aux premières propositions. Les propositions sont sur la table, elles sont en discussion. Laissons les discussions continuer jusqu'à ce qu'on trouve un consensus avec ces professions.

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