Un activiste italien, en cavale depuis le G8 de Gênes en 2001, arrêté en France

Un activiste italien, recherché depuis le G8 de Gênes en 2001 et qui avait élu domicile à Rochefort-en-Terre (Morbihan), a été arrêté par la gendarmerie le 8 août 2019.
Un activiste italien, recherché depuis le G8 de Gênes en 2001 et qui avait élu domicile à Rochefort-en-Terre (Morbihan), a été arrêté par la gendarmerie le 8 août 2019. (GOOGLE MAPS)

L'homme faisait l'objet de "deux mandats d'arrêt européens, délivrés par les procureurs de Milan et de Gênes".

Il était recherché depuis le G8 de Gênes en 2001. Un activiste italien, condamné à 13 ans de prison dans son pays d'origine, a été arrêté en Bretagne et incarcéré, a révélé le parquet général de Rennes samedi 10 août. Après 18 ans de cavale, ce militant a été "interpellé jeudi 8 août dans le Morbihan par la brigade nationale de recherche des fugitifs sur le fondement de deux mandats d'arrêt européens délivrés par les procureurs de Milan et de Gênes". 

Ces mandats d'arrêts avaient été délivrés "à la suite de condamnations pénales prononcées par les tribunaux de ces villes", a précisé l'avocat général Pascal Bougy. "Il a été déféré vendredi 9 [août] à la cour d'appel de Rennes où le magistrat délégué par le premier président l'a incarcéré, conformément au code de procédure pénale en l'attente de sa comparution devant la chambre d'instruction [mercredi] 14 août à 9 heures", a-t-il ajouté.

Un collectif de soutien créé en Bretagne

Un collectif de soutien dénommé "Soutien Vincenzo" a confirmé dans la soirée que l'homme arrêté est Vincenzo Vecchi. Agé d'une quarantaine d'années, il vivait depuis près de dix ans dans une commune proche de Rochefort-en-Terre, où ce collectif d'habitants s'est créé. Selon le collectif, Vincenzo Vecchi a été incarcéré à la prison de Vézin-le-Coquet près de Rennes. "Il n'était membre d'aucune organisation politique" et "avait choisi de fuir cette condamnation injuste et disproportionnée". "Il vit depuis 8 ans sur notre territoire et s'est complètement intégré à la vie locale", a affirmé le collectif.

"Nous nous opposons à ce que l'État français livre Vincenzo aux autorités italiennes, qui ne manqueront pas l'opportunité d'en faire un exemple", a-t-il ajouté. Selon le collectif, Vincenzo Vecchi a été condamné en Italie pour "dévastation et saccage" au G8 de Gênes, la justice lui reprochant également sa participation à une manifestation antifasciste, non autorisée, à Milan en mars 2006. "Etant donné le contexte actuel en Italie, cette affaire nous apparaît éminemment politique et urgente", ajoute le collectif qui entend "se mobiliser contre une procédure d'extradition en cours" et juge "inadmissible que notre gouvernement, se prévalant d'être le défenseur européen de l'humanisme et des droits humains, cautionne cette discrimination politique".

"Il y a une émotion ici qui est très forte", a déclaré Jean-Pierre, un porte-parole du collectif, joint par l'AFP. Celui-ci a indiqué qu'une cinquantaine de personnes "très touchées par l'arrestation de Vincenzo" se sont réunies samedi soir dans un café associatif de la commune pour "discuter des moyens d'agir et d'aider d'une manière ou d'une autre Vincenzo".

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