Un rapport pointe des "licenciements disciplinaires massifs" au centre d'appel de Free

Le siège du groupe Iliad à Paris, le 2 mars 2017.
Le siège du groupe Iliad à Paris, le 2 mars 2017. (MAXPPP)

Entre 2014 et 2017, 60% des effectifs de Mobipel ont été réduits. Aucun plan social n'a pourtant été mis en place.

Près de 315 licenciements en trois ans, dont 266 pour faute grave. Un rapport d'experts pointe "une logique de compression des effectifs non assumée" au sein de Mobipel, le centre d'appel de l'opérateur Free, révèle Le Parisien, lundi 5 février. Cette étude a été commandée par le comité d'entreprise de Mobipel au cabinet Alter au moment de la diffusion en septembre de l'émission "Cash investigation", qui s'était penchée sur cette pratique.

Entre juin 2014 et septembre 2017, les effectifs du centre situé à Colombes (Hauts-de-Seine), filiale du groupe Iliad, propriétaire de Free, ont été réduits de 60% (de 711 à 287 salariés), indique le rapport. "Ces départs n'ont rien de 'naturels' puisqu'ils font suite à des licenciements disciplinaires massifs, des ruptures conventionnelles et des transferts intra-groupe qui ne sont pas indépendants de la volonté de l'employeur", affirment les experts.

Des fautes graves pour éviter des procédures coûteuses

Sur les 807 départs recensés sur cette période, 266 étaient des licenciements pour faute grave – qui permettent notamment à l'entreprise de ne pas verser d'indemnités de licenciement. La réalité décrite "confirmerait la thèse de certains représentants du personnel selon laquelle la direction de Mobipel chercherait toutes les solutions individuelles possibles pour contourner son obligation de mettre en œuvre une procédure collective" et donc "des mesures coûteuses", peut-on lire.

Les experts ont pu consulter 168 lettres de licenciements notifiés pour faute grave, dont 48 n'ont été précédés "ni d'une mise en demeure, ni d'un avertissement". Selon les informations du Parisien, 117 lettres font également référence à des absences non justifiées. Sollicité, Iliad considère que les éléments parus dans la presse "ne reflètent pas la réalité", promettant "des éléments précis et chiffrés" sur le sujet.