"Panama Papers" : pourquoi la Société générale est pointée du doigt

Le siège de la Société générale dans le quartier d\'affaires de la Défense, près de Paris, le 19 mai 2015.
Le siège de la Société générale dans le quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, le 19 mai 2015. (THOMAS SAMSON / AFP)

La banque française fait partie des cinq établissements qui ont créé le plus grand nombre de sociétés offshore par l'intermédiaire du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, révèle "Le Monde", mardi.

Le scandale des "Panama Papers" charrie encore son lot de révélations, mardi 5 avril. Après de hauts responsables politiques de tous les continents et des sportifs de renom, c'est la Société générale qui est épinglée.

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Près de mille sociétés créées via Mossack Fonseca

Elle fait partie des cinq banques qui ont créé le plus grand nombre de sociétés offshore par l'intermédiaire du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, détaillent Le Monde et "Cash Investigation", après analyse des quelque 11,5 millions de fichiers qui ont fuité.

"Au total, elle compte à son actif 979 sociétés, derrière la britannique HSBC (2 300 sociétés), les suisses UBS (1 100 sociétés) et Crédit Suisse (1 105 sociétés)", selon le journal. Le quotidien précise également que "deux tiers de ces entités offshore ont été créées par SG Bank and Trust Luxembourg", une filiale luxembourgeoise de la Société générale.

Les autres filiales concernées sont notamment basées en Suisse et aux Bahamas. Le quotidien souligne que, si la création de sociétés offshore a nettement ralenti depuis 2012 et si des structures ont été fermées, "une centaine des entités ouvertes par la Société générale chez Mossack restent actives". D'autres ont en outre été cédées à de nouveaux gestionnaires et continuent leurs activités.

La banque avait préparé le terrain

Avant ces révélations, la Société générale avait pris les devants, lundi. Dans un communiqué, elle avait affirmé ne plus détenir depuis 2012, directement ou indirectement, aucune implantation en activité dans les Etats et territoires non-coopératifs.

"Les structures auxquelles il est fait référence dans les médias ne sont pas détenues par Société générale mais par des clients, a insisté le groupe bancaire. Si la loi française ne prévoit aucune restriction concernant les relations avec des clients établis dans ces juridictions, Société générale est particulièrement vigilante et mène depuis plusieurs années une politique proactive afin de s'assurer que [ses] activités respectent les standards les plus élevés en matière de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales."

Des explications qui n'ont pas empêché Jérôme Kerviel d'ironiser sur Twitter.

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