"Panama Papers" : la crise politique s'installe en Islande, le Premier ministre démissionne

Le Premier ministre islandais, David Gunnlaugsson, le 4 avril 2016 au Parlement.
Le Premier ministre islandais, David Gunnlaugsson, le 4 avril 2016 au Parlement. (HALLDOR KOLBEINS / AFP)

Le Premier ministre islandais est mis en cause pour avoir détenu une société offshore dans un paradis fiscal.

L'Islande s'enfonce dans la crise politique. Le Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, empêtré dans l'affaire des "Panama Papers", va démissionner après des révélations sur ses placements offshore, qui ont jeté dans la rue des milliers de manifestants en colère. "Le Premier ministre a informé le groupe parlementaire (du Parti du progrès) qu'il allait démissionner de ses fonctions de Premier ministre", a annoncé, mardi 5 avril, à la télévision, Sigurdur Ingi Johannsson, vice-président du parti et ministre de l'Agriculture. 

Revenu précipitamment d'un voyage privé aux Etats-Unis, le président a expliqué qu'il souhaitait au préalable consulter le Parti de l'indépendance, allié du Premier ministre et de son Parti du progrès, afin de connaître sa position. Le Premier ministre (élu en mai 2013) s'était dit prêt, mardi matin, à dissoudre et à convoquer des législatives anticipées "si les parlementaires du Parti [de l'indépendance] estiment qu'ils ne peuvent plus soutenir le gouvernement".

Des milliers de manifestants dans la rue

L'opposition de gauche réclamait la tête du chef du gouvernement, tandis que le Parti de l'indépendance apparaissait divisé. Ce dernier est d'autant moins favorable à une dissolution que son président et ministre des Finances, Bjarni Benediktsson, est lui aussi éclaboussé par les "Panama Papers". Plusieurs milliers de manifestants ont réclamé lundi soir la démission du chef du gouvernement en jetant des œufs et du "skyr", un fromage blanc local, devant le Parlement.

Le scandale concerne une société créée dans les îles Vierges par le Premier ministre, en 2007, alors qu'il n'occupait pas encore cette fonction. Avec sa future épouse, il avait déposé plusieurs millions de dollars, avant de lui céder ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique. Elu député en avril 2009, il a omis de mentionner cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait.

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