Après les "Panama Papers", David Cameron doit s'expliquer sur une donation reçue de sa mère

Le Premier ministre britannique David Cameron, lors d\'une session de questions-réponses sur le référendum sur l\'éventuelle sortie du Royaume-Uni de l\'Union européenne, le 5 avril 2016, à Birmingham (Royaume-Uni).
Le Premier ministre britannique David Cameron, lors d'une session de questions-réponses sur le référendum sur l'éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 5 avril 2016, à Birmingham (Royaume-Uni). (CHRISTOPHER FURLONG / REUTERS)

Le Premier ministre britannique a tenté de jouer la transparence, pour faire oublier les "Panama Papers".

C'est un fait inédit dans l'histoire du royaume. David Cameron a publié, dimanche 10 avril, ses déclarations d'impôts des six dernières années, pour tenter de reprendre la main, après l'affaire des "Panama Papers". A la fin d'une semaine mouvementée, marquée par des appels à la démission clamés jusque devant sa résidence, la publication est destinée à prouver qu'il n'a jamais cherché à échapper au fisc, après avoir avoué tardivement qu'il avait bien détenu des parts dans la société offshore basée aux Bahamas de son père Ian, mort en 2010.

Selon les documents publiés par le cabinet comptable RNS Chartered Accountants, le Premier ministre a payé environ 400 000 livres d'impôts sur un revenu de plus d'un million de livres depuis 2009. Mais la presse britannique ne semble pas être prête à le lâcher et s'interroge désormais sur un don de 200 000 livres (240 000 euros). "La semaine a commencé par une crise morale au coeur du Parti conservateur et se termine sur un scandale au sommet de l'État", a commenté un porte-parole du Parti travailliste. 

"Cameron évite les droits de succession"

La donation reçue en 2011 de sa mère, en sus des 300 000 livres reçus en héritage à la mort de son père en 2010, est également ouvertement questionnée. Le Premier ministre n'a pas payé d'impôts sur cette donation de 200 000 livres, profitant d'une particularité du fisc britannique qui incite le contribuable à transmettre son patrimoine de son vivant. Les donations sont ainsi exonérées, à moins que le donateur ne décède dans les sept ans. Ce dispositif a beau être utilisé par des milliers de familles, le Daily Mail et le Telegraph ont préféré retenir comme titre : "Cameron évite les droits de succession".

En jouant la carte de la transparence, David Cameron, au plus bas dans les sondages, depuis juillet 2013, a peut-être jeté un peu plus d'huile sur le feu. A dévoiler au grand jour sa richesse personnelle et les frais de garde-robe de son épouse Samantha, l'ancien élève d'Oxford et du prestigieux college d'Eton s'est exposé immédiatement à de nouveaux ennuis. "Le Premier ministre révèle sa fortune cachée", a d'ailleurs titré le Sunday Times, pointant le risque politique de ce grand étalage.