SwissLeaks : Pierre Bergé, actionnaire du "Monde", réprouve les méthodes des journalistes

Pierre Bergé, en mars 2014 à Paris.
Pierre Bergé, en mars 2014 à Paris. (LICHTFELD EREZ / SIPA)

"La délation, c'est la délation", critique Pierre Bergé, reprochant à son journal d'avoir divulgué les noms de personnalités ayant eu un compte en Suisse.

Le propriétaire du Monde conteste les méthodes des journalistes de son propre journal dans le dossier SwissLeaks. Dans un une interview à RTL mardi 10 février, Pierre Bergé, président du conseil de surveillance du groupe, déclare : "Ce n'est pas pour ça que je leur ai permis d'acquérir leur indépendance. Ce sont des méthodes que je réprouve. Je ne veux pas comparer ce qui se passe à des époques passées mais quand même, la délation, c'est la délation. C'est jeter en pâture des noms."

"Les actionnaires n'ont pas leur mot à dire"

Plus tôt dans la journée, Matthieu Pigasse, co-actionnaire du Monde et vice-président de la banque Lazard, avait demandé lui aussi à ne pas tomber dans la "délation", tout en se disant "fier" du travail d'investigation "remarquable" des journalistes du quotidien sur le scandale de fraude fiscale qui touche la branche suisse de la banque HSBC. "Il est vrai qu'il y a un juste équilibre à trouver entre le fait de divulguer des informations d'intérêt général, d'intérêt public" et le fait "de ne pas tomber dans une forme de Maccarthisme fiscal et de délation", a-t-il dit.

De son côté, le directeur du Monde, Gilles Van Kote, réaffirme l'indépendance éditoriale de la rédaction. "On peut toujours avoir des discussions. Le débat sur le fait de donner le nom d'untel et pas d'untel est ouvert, il existe au sein de la rédaction. Mais ce sont des décisions qui sont d'ordre éditorial et qui sont donc du ressort de la direction du journal", déclare-t-il à l'AFP. Il rappelle l'existence, au Monde, d'une charte d'éthique, selon laquelle "les actionnaires n'ont pas leur mot à dire sur les contenus éditoriaux".

Vous êtes à nouveau en ligne