Changer le prix des lunettes pour un meilleur remboursement, une fraude courante chez les opticiens

Environ un Français sur cinq propose une fraude à la complémentaire santé lors de l\'achat de lunettes, selon une étude de l\'UFC-Que Choisir publiée le 20 mai 2014.
Environ un Français sur cinq propose une fraude à la complémentaire santé lors de l'achat de lunettes, selon une étude de l'UFC-Que Choisir publiée le 20 mai 2014. (BURGER / PHANIE / AFP)

Près d'un opticien sur cinq propose à leurs clients de falsifier leur facture pour qu'ils soient mieux remboursés, selon une enquête de l'UFC-Que Choisir.

C'est un sujet qui concerne les 33 millions de porteurs de lunettes en France. Près d'un opticien sur cinq propose de falsifier la facture pour que le client soit mieux remboursé par sa mutuelle, affirme l'UFC-Que Choisir mardi 20 mai.

"Cette fraude, dont les professionnels sont responsables à titre principal, est plus particulièrement répandue chez les opticiens indépendants (29,5% des cas) que chez les grandes enseignes nationales (11,8%)", poursuit l'association de défense des consommateurs. L'enquête note aussi de fortes disparités selon les régions.

Comment l'UFC-Que Choisir a-t-elle enquêté ?

"Notre enquête visait d'abord à quantifier l'étendue réelle des fraudes à la complémentaire santé suscitées par les opticiens. Pour cela, les enquêteurs des associations locales devaient sélectionner une monture plus coûteuse que le maximum remboursable par leur mutuelle, en informer le vendeur, et observer sa réaction", explique l'UFC-Que Choisir.

En clair, l'association a sollicité des enquêteurs bénévoles, présentés comme des clients mystères. En novembre 2013, ils se sont rendus chez 1 188 opticiens, soit 10% des enseignes en France. Certaines expériences ont été filmées en caméra cachée.

Quelles conclusions l'UFC tire-t-elle de l'enquête ?

Pour l'UFC-Que Choisir, cette fraude occasionne un surcoût pour les consommateurs français. Ainsi, l'association estime que les cotisations des complémentaires santé augmentent de 142 millions d'euros par an.

Par conséquent, l'UFC réclame à l'Etat une enquête de la Direction de la répression des fraudes. Et l'association souhaite aussi que le gouvernement ne se contente pas de plafonner les remboursements. "Il doit s'attaquer à la cause du problème. Si on ne met pas fin à cela, c'est le principe même de mutualisation qui ne pourra plus tenir", explique Alain Bazot, le président de l'association, au Monde.

Le 9 avril, le gouvernement a confirmé que le remboursement des lunettes par les complémentaires santé serait limité à 450 euros dès 2015. Il espère ainsi faire baisser les prix du marché. L'UFC-Que Choisir avait déjà établi, dans une étude publiée en 2013, que la France était le pays d'Europe où les lunettes sont, en moyenne, les plus chères.

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