INFOGRAPHIE. Comment les salaires des grands patrons évoluent depuis dix ans

Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, le 12 mai 2016 lors d\'une conférence de presse à Yokohama (Japon).
Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, le 12 mai 2016 lors d'une conférence de presse à Yokohama (Japon). (THOMAS PETER / REUTERS)

Moins élevées que dans les années 2000, les rémunérations des dirigeants du CAC 40 repartent à la hausse.

Une rémunération qui ne dépasserait pas 100 smic ? Cet objectif relayé par une tribune de 40 personnalités, parue jeudi 19 mai dans Libération, est loin d'être atteint. Selon les données du cabinet Proxinvest, les patrons des sociétés cotées au CAC 40 ont perçu en moyenne plus de 4,2 millions d'euros de rémunérations en 2014, soit près de 240 fois le salaire minimum.

Depuis les années 2000, les grands patrons ont vu leurs rémunérations fléchir sous les effets conjugués de la crise financière et des quelques mesures mises en place pour améliorer la transparence des entreprises cotées. Les chiffres ont également été tirés vers le bas après les départs d'une poignée de dirigeants très chèrement rémunérés, comme Antoine Zacharias (Vinci), Jean-Marie Messier (Vivendi) ou Lindsay Owen-Jones (L'Oréal).

Des salaires qui repartent à la hausse depuis deux ans

Mais malgré cette tendance à la baisse sur le long terme, les mauvaises habitudes guettent : en 2014, les rémunérations ont bondi de 6% par rapport à 2013. Et d'après les premières données compilées par Proxinvest, "on peut s'attendre à une hausse de 8% à 10% en 2015", confie son directeur général, Loïc Dessaint, interrogé par francetv info. Le say on pay – un mécanisme qui oblige depuis deux ans les sociétés cotées à consulter les actionnaires en matière de rémunération des dirigeants – n'a donc pas eu l'effet escompté pour le moment.

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Selon Proxinvest, en 2014, c'est le patron de Renault, Carlos Ghosn, qui a été le dirigeant du CAC 40 le mieux payé, avec 15,2 millions d'euros toutes rémunérations confondues. Il est suivi de Christopher Viehbacher (Sanofi) et de Bernard Charlès (Dassault), avec respectivement 12,5 millions et 11,1 millions d'euros, toujours selon les données de Proxinvest.

Régulièrement mis en cause pour ces sommes jugées indécentes – fin avril, la rémunération de Carlos Ghosn a même été rejetée par l'assemblée générale des actionnaires –, les patrons mettent souvent en avant les salaires souvent plus élevés de leurs homologues étrangers, notamment américains. Un argument pas toujours pertinent : le patron du constructeur japonais Toyota, leader mondial de l'automobile, gagne moins de 3 millions d'euros annuels.