Carrefour sommé par le patronat de s'expliquer sur les 13,7 millions d'euros d'indemnités de départ de son ex-PDG

Georges Plassat, alors PDG du groupe Carrefour, lors d\'une conférence à Paris le 30 juin 2016.
Georges Plassat, alors PDG du groupe Carrefour, lors d'une conférence à Paris le 30 juin 2016. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le Haut comité de gouvernement d'entreprise, chargé de surveiller l'application du code adopté par le Medef pour réguler les rémunérations des patrons, demande des explications à Carrefour.

13,17 millions d'euros : le très confortable chèque de départ de Georges Plassat, qui a quitté la tête du groupe Carrefour en juillet 2017, fait polémique. Le Haut Comité de gouvernement d'entreprise, gendarme de la rémunération des patrons, a demandé au groupe des explications sur ce parachute doré, et sur la rémunération de ses dirigeants en général, vendredi 15 juin.

"Celles-ci constituent des déviations sérieuses par rapport aux recommandations du code Afep-Medef", estime le Haut Comité de gouvernement d'entreprise, une instance chargée depuis 2013 de surveiller l'application de ce code de bonne conduite établi par le patronat.

Carrefour "répondra très prochainement"

Georges Plassat a perçu 13,17 millions d'euros en 2017, à son départ à la retraite, dont près de 4 millions d'euros d'indemnité de départ et d'engagement de non-concurrence. La résolution portant sur cette rémunération a été votée à 68%.

"La société prend note du courrier qui lui a été adressé et y répondra très prochainement", a répondu un porte-parole de Carrefour, tout en expliquant "s'étonner que la rémunération de M. Plassat, connue depuis 2012, n'ait jamais fait l'objet de ces remarques". Il a affirmé qu'Alexandre Bompard, l'actuel PDG du groupe, ferait des "propositions au conseil d'administration" sur ses propres conditions de départ "afin que ce sujet ne fasse plus débat".

Quelques heures plus tôt, Alexandre Bompard a été chahuté et sommé de justifier la rémunération de son prédécesseur lors de l'assemblée générale du groupe de distribution. Des critiques exprimées aussi bien par des manifestants présents à l'appel de la CGT, à l'extérieur de la salle, que par les actionnaires-salariés à l'intérieur.

Vous êtes à nouveau en ligne