Renault confirme la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France

Un salarié de Renault sur une ligne d\'assemblage de l\'usine de Flins (Yvelines), le 6 mai 2020.
Un salarié de Renault sur une ligne d'assemblage de l'usine de Flins (Yvelines), le 6 mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le projet a été rendu public vendredi matin, après avoir été présenté la veille aux organisations syndicales, lors d'un comité central social et économique (CCSE) du groupe. La CFDT dénonce "une casse sociale".

La marque au losange dévoile son plan pour faire face à la crise. Le constructeur automobile français Renault a annoncé officiellement, vendredi 29 mai, la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, "sans licenciement sec". Renault, qui souffre de surcapacités de production au niveau mondial, avait annoncé en février ses premières pertes en dix ans, entrant affaibli dans la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19.

Avant d'être rendu public, le projet a été présenté jeudi soir aux organisations syndicales. "Ce projet est vital", a déclaré la directrice générale Clotilde Delbos, citée dans un communiqué. "Projet de casse sociale et de désindustrialisation", a, au contraire, dénoncé la CFDT de Renault, vendredi matin. Le deuxième syndicat du groupe "se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l'avenir de tous les sites de Renault en France", a-t-il prévenu dans un communiqué. 

Arrêt de la production de la Zoé à Flins après 2024

Le constructeur automobile a aussi confirmé un projet de restructuration de six usines en France. Plusieurs hypothèses de travail sont listées pour optimiser son appareil industriel : la création d'un pôle d'excellence dans l'électrique et l'utilitaire à partir des deux usines de Douai et Maubeuge dans le Nord, ou encore une réflexion sur la reconversion de l'usine de Dieppe (Seine-Maritime) à la fin de la production de l'Alpine A110.

Le lancement d'une revue stratégique pour la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan), où travaillent 400 salariés, est également sur les rails. Mais dans tous les cas, l'usine bretonne, reprise en 2009 par Renault pour la production de pièces de fonderie brutes et usinées pour l'industrie automobile, ne fermera pas. Après une semaine de mobilisation, plusieurs employés et militants de la CGT ont scandé "On a gagné ! On a gagné !", devant les grilles de la sous-préfecture.

Finalement, le plan d'économies de Renault prévoit la fermeture d'un seul site en France : celui de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. "Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, nous ne fermerons qu'un seul site à l'horizon 2022, sur nos 14 sites industriels en France, c'est Choisy pour lequel nous allons valoriser les compétences en région parisienne", a déclaré vendredi le président du constructeur automobile, Jean-Dominique Senard, lors d'une conférence de presse. L'activité de cette usine, qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi, doit être transférée vers l'usine de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là. A Flins, la production automobile cessera à la fin de la Zoé après 2024. Un pôle d'économie circulaire, "qui intégrerait Choisy-le-Roi", est envisagé à la place.

Deux milliards d'euros d'économies sur trois ans

Ces mesures sont annoncées dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. Accompagnées de la rationalisation de la production de boîtes de vitesse de Renault à travers le monde, elles doivent contribuer pour 650 millions d'euros à l'objectif de réduction de coûts. Le solde proviendra de l'ingénierie (800 millions) et des fonctions support (700 millions), soit un total d'environ 2,15 milliards.

Renault, qui a essuyé l'année dernière des pertes historiques, met en œuvre ces suppressions d'emplois avec le feu vert de l'Etat actionnaire, qui vient de lui garantir un prêt de 5 milliards d'euros. Le constructeur va tenter de prendre un nouveau virage avec un directeur général venu de chez Seat, Luca de Meo, qui prendra ses fonctions le 1er juillet.

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