De grandes banques américaines et européennes ne sont pas prêtes en cas de faillite

L\'entrée de la Barclays Bank à Londres (Royaume-Uni), le 12 mai 2014.
L'entrée de la Barclays Bank à Londres (Royaume-Uni), le 12 mai 2014. (YUNUS KAYMAZ / ANADOLU AGENCY / AFP)

Depuis la crise financière de 2008, la législation oblige les banques à établir des scénarios de démantèlement. Mais selon des experts, ils ne seraient pas crédibles.

Les plus grandes banques américaines et plusieurs européennes ne sont pas prêtes en cas de faillite. Selon la Banque centrale américaine (FED), mardi 5 août, leurs scénarios de démantèlement en cas de faillite ne sont pas assez "crédibles et clairs".

Sont concernées les banques américaines Bank of America, Bank of New York Mellon, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Morgan Stanley et State Street Corp. Figurent aussi les établissements helvètes UBS et Credit Suisse, la britannique Barclays et l'allemande Deutsche Bank.

La loi de réforme financière Dodd Frank, adoptée après la crise financière de 2008, exige des banques gérant plus de 50 milliards de dollars d'actifs et de certains grands établissements financiers de préparer des scénarios de démantèlement en cas de faillite, appelés "testaments". Ce sont ces documents qui ont été étudiés par les experts de la FED.

Elles ne peuvent traverser une crise sans requérir d'aide publique

Mais "en dépit des milliers de pages soumises, ces scénarios ne fournissent pas de démarche crédible ou claire pour traverser une faillite sans requérir d'aide publique directe ou indirecte", a estimé Thomas Hoenig, l'un des spécialistes chargé d'examiner ces scénarios avec la Réserve Fédérale.

"Chaque plan soumis comporte des lacunes et manque de démontrer avec conviction comment, en cas de faillite, ces groupes pourraient surmonter les obstacles (...) sans précipiter une crise financière", insiste-t-il.

Parmi les lacunes pointées, les experts ont estimé par exemple que les banques faisaient des hypothèses parfois "irréalistes ou pas correctement étayées sur le comportement des clients, partenaires, investisseurs (...) ou régulateurs".