Orange s'impatiente face à l'engorgement de son réseau par Free

Le PDG d\'Orange, Stéphane Richard, lors d\'une conférence de presse à Paris le 24 février 2011.
Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, lors d'une conférence de presse à Paris le 24 février 2011. (ERIC PIERMONT / AFP)

Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a haussé le ton mardi, refusant que "les abonnés d'Orange subissent les conséquences" des lacunes techniques de Free, accusé d'avoir sous-estimé ses besoins.

Free Mobile a-t-il les moyens de ses ambitions ? La polémique enfle sur les capacités techniques de l'opérateur : Orange a haussé le ton mardi 14 février sur l'engorgement de son réseau. En effet, Free l'utilise en vertu d'un accord entre les deux opérateurs, mais le petit-dernier du marché est accusé depuis plusieurs semaines de ne pas remplir ses obligations et d'avoir sous-estimé ses besoins. Selon les spécialistes du secteur, ses abonnés pourraient déjà être plus de 2 millions à peine un mois après le lancement de son offre en grande pompe le 10 janvier.

Free Mobile s'est engagé à couvrir 27% de la population avec son propre réseau et a signé un contrat d'itinérance avec Orange pour les trois quarts restants, en attendant la montée en puissance progressive de ses infrastructures. Or, actuellement,"plus de 90%, voire 95% des appels effectués par les clients Free Mobile passent par le réseau Orange", selon une source interne à l'opérateur historique.

Explication : "Si Free a bien un réseau théorique d'antennes, il n'a pas tiré suffisamment de liaisons pour les relier à son réseau central et donc être en mesure de supporter le trafic. Le réseau assure pour un ou dix appels mais pas pour 100 ou plus, et il les rebascule vers le réseau Orange." Ce transfert des appels à répétition, couplé à l'explosion du nombre d'abonnés, génère des difficultés de gestion des interconnexions pour l'opérateur historique lui-même. Il peinerait lors de pics de trafic à "éponger" les défaillances techniques de Free.

"Le point limite que je ne dépasserai pas"

Face à cette situation, Orange a tapé du poing sur la table mardi par la voix du PDG de France Télécom, Stéphane Richard. "Quand on met de telles offres sur le marché, il faut s'attendre à avoir une certaine demande. Il y a eu une grosse sous-estimation de la part de Free", explique-t-il au Point.fr

"Nous gérons le réseau au jour le jour" mais "il peut tout à fait arriver qu'il y ait une congestion ponctuelle sur une partie du réseau, qui puisse aboutir à une situation de dégradation des services pour nos propres abonnés", explique Stéphane Richard, qui met en garde son partenaire. "C'est clairement le point limite que je ne dépasserai pas, car il est hors de question que les abonnés d'Orange subissent les conséquences de notre contrat avec Free." Orange demande notamment au nouveau-venu de brider l'accès à internet via le téléphone au-delà d'une certaine consommation, afin d'alléger la charge sur le réseau.

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