VIDEO. La mort du patron de Total en procès

BENOIT ZAGDOUN / FRANCEINFO

Trois ans après le crash du falcon de Christophe de Margerie à Moscou, les principaux accusés pourraient être condamnés mardi.

Le procès du conducteur du chasse-neige, accusé d'être à l'origine du crash au décollage de l'avion du PDG de Total Christophe de Margerie, entre mardi 4 juillet dans sa phase finale. Le 20 octobre 2014, le numéro un de la compagnie pétrolière française avait trouvé la mort lorsque son Falcon était entré en collision avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo de Moscou, avant de s'écraser. Les deux pilotes et une hôtesse de l'air avaient également péri.

Cinq employés de l'aéroport, le conducteur du chasse-neige Vladimir Martynenko, les contrôleurs aériens Alexandre Krouglov et Nadejda Arkhipova, l'ingénieur Vladimir Ledenev et le responsable du contrôle des vols Roman Dounaïev sont jugés depuis près d'un an par le tribunal de Solntsevo, dans le sud de la capitale russe.

Un taux de 0,6 g/l d'alcool dans le sang

Une procédure spéciale a été mise en place pour Vladimir Martynenko et Vladimir Ledenev, qui ont chacun plaidé coupable. Une première lecture aura lieu mardi et, selon l'agence de presse russe Ria Novosti, l'examen accéléré de l'affaire pourrait permettre à la juge Elena Verechtchaguina de rendre son verdict dans la journée.

Principal accusé dans ce procès, Vladimir Martynenko avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment de l'accident, d'après le Comité d'enquête russe. Vladimir Ledenev est pour sa part accusé de ne pas s'être assuré que la piste de décollage et d'atterrissage était dégagée. Ils sont restés onze mois en détention provisoire et sont désormais en liberté surveillée.

Un "vrai ami" de la Russie

A partir des enregistrements audios issus d'une des boîtes noires de l'avion et des vidéos des caméras de surveillance de l'aéroport, l'enquête russe a permis d'établir que les pilotes avaient bien vu le chasse-neige sur la piste avant qu'il ne disparaisse de leur champ de vision.

Ayant poursuivi la procédure de décollage, ceux-ci n'ont aperçu de nouveau le chasse-neige, revenu sur la piste pour une raison encore inconnue des enquêteurs, que trois secondes avant l'impact. L'avion, alors en cours de décollage, avait basculé sur le côté droit avant de s'écraser, ce qui avait provoqué la mort de toutes les personnes à son bord.

La mort de Christophe de Margerie, considéré comme un "vrai ami" de la Russie par le président Vladimir Poutine, avait provoqué une onde de choc en France, mais aussi parmi les Russes, en pleine crise diplomatique entre Moscou et les pays occidentaux.

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