Doux dégaine la carte Barclays pour sauver son activité

L\'enseigne du groupe Doux à Châteaulin (Finistère), le 17 juillet 2012.
L'enseigne du groupe Doux à Châteaulin (Finistère), le 17 juillet 2012. (THOMAS BREGARDIS / MAXPPP)

Si cette offre de reprise est validée par le tribunal de Quimper, le groupe volailler breton, en redressement judiciaire, deviendra actionnaire minoritaire.

Le groupe volailler Doux, en redressement judiciaire depuis juin, a accepté jeudi 26 juillet de se mettre entre les mains de la banque Barclays pour sauver son activité. Ce plan de continuation sera présenté aux syndicats le même jour et examiné par le tribunal de Quimper vendredi 27 juillet. FTVi vous donne les détails.

• La famille Doux perdrait sa suprématie

"Barclays est prête à convertir sa créance (140 millions d'euros) en capital. Elle prendrait ainsi le contrôle du groupe Doux", a déclaré Michel Léonard, jeudi 26 juillet, dans un entretien au journal Ouest-France"La famille Doux resterait actionnaire minoritaire", a-t-il ajouté, sans préciser l'ampleur de la prise de contrôle.

Charles Doux, PDG et propriétaire avec sa famille de 80% du groupe, avait jusqu'à présent refusé ce statut et rejeté l'option Barclays. Le plan élaboré par les dirigeants du géant volailler figure parmi les 15 offres de reprise que le tribunal de commerce de Quimper doit examiner vendredi.

• Vingt-cinq millions d'euros réunis

Le groupe Doux (3 400 salariés) ploie sous une dette estimée à 430 millions d'euros. "Nous avons réuni 25 millions d'euros. La banque Barclays apportera 10 millions d'euros, Al Munajem, un client saoudien, 12 millions d'euros et (la société d'affacturage) Factor 3 millions d'euros", a précise Léonard. 

Dans le "plan Barclays", le groupe, basé à Châteaulin (Finistère), conserverait les divisions grand export et produits transformés, mais cèderait les activités des produits frais.

Plus d'emplois préservés

Parallèlement, le tribunal de commerce de Quimper doit examiner vendredi 27 juillet 14 autres offres de reprise, dont celle de Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière huiles et protéines végétales.

"Dans l'offre présentée par le consortium conduit par Sofiprotéol, ces deux marques (Doux et Père Dodu) sont bradées", a estimé Michel Léonard, qui assure que le plan Barclays de Charles Doux "est plus solide" et permet de préserver davantage d'emplois : "3 185 contre 3 078 pour l'offre du consortium". Doux compte déjà avec le soutien de "250 éleveurs" à son plan de continuation, selon un porte-parole du groupe, Louis Silvestre.

 

Par ailleurs, les sociétés de transport qui travaillent pour le groupe volailler ont annoncé mercredi soir l'arrêt de leurs activités. "Face à la gravité de la situation, et notamment à tout espoir de sortie de crise par le haut, les transporteurs intervenant sur la filière cesseront donc leurs activités pour le Groupe Doux dès ce soir", a fait savoir la Fédération nationale des transports routiers dans un communiqué.

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