Le réseau Free Mobile va être passé au crible par l'Arcep

Les forfaits Free Mobile ont été lancés le 10 janvier 2012.
Les forfaits Free Mobile ont été lancés le 10 janvier 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Free est soupçonné de désactiver une partie de ses antennes pour se reposer sur le réseau d'Orange, avec lequel il a conclu un accord. Eric Besson a pressé le "gendarme des télécoms" d'intervenir.

On la surnomme le "gendarme des télécoms". L'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) a annoncé, vendredi 27 janvier, qu'elle allait procéder à des contrôles du réseau de Free Mobile, au cœur d'une polémique depuis le lancement du nouvel opérateur de téléphonie mobile, le 10 janvier. Free est soupçonné de désactiver une partie de ses antennes pour se reposer sur le réseau d'Orange, avec lequel il a conclu un accord d'itinérance.

• Un réseau déjà contrôlé

L'Arcep demande à Free "d'actualiser les informations relatives à l'état de son réseau, incluant notamment une liste des sites installés, des sites effectivement activés, et des motifs qui auraient pu la conduire à l'extinction de certaines stations de son réseau". L'institution a déjà effectué un contrôle du réseau Free il y a deux mois, à la suite duquel elle a donné son feu vert. Le réseau couvrait en effet le minimum requis de 27 % de la population.

• Aucune plainte officielle

Le gendarme des télécoms précise avoir reçu une seule demande d'enquête émanant des syndicats CFE-CGC et Unsa des opérateurs de téléphonie mobile. Elle n'a été saisie d'aucune plainte officielle émanant de l'un des opérateurs concurrents de Free Mobile. "Aucun élément concret n'a été porté à la connaissance de l'Autorité à l'appui des faits allégués par les médias et repris par le courrier des syndicats", ajoute l'institution. Les résultats de ces vérifications seront rendus publics.

• Eric Besson intervient personnellement

Selon Le Figaro.fr, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a écrit à l'Arcep pour lui demander d'effectuer ces nouvelles vérifications. "De nombreuses interrogations sont apparues quant à la réalité du respect par l'opérateur de ses obligations de couverture et de la disponibilité de ses services, écrit-il dans ce courrier. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me confirmer le respect par l'opérateur Free Mobile de ses obligations en matière de couverture de la population et de la disponibilité du service."

• Free souhaite "sortir de la polémique"

Mercredi 25 janvier, le fondateur d'Iliad (propriétaire de Free), Xavier Niel, a balayé les accusations visant le fonctionnement du réseau en assurant que l'opérateur mobile respectait ses obligations de couverture de la population. Vendredi, toutefois, l'opérateur s'est montré plus coulant. "Il était temps qu'on sorte de cette polémique qui a été allumée par certains de nos concurrents, estime Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad. Au moins, là, on va avoir un arbitre impartial, selon des méthodes de mesure éprouvées. Cela remet la balle au centre."