La Fnac officiellement introduite en Bourse

Devant une Fnac à Bâle (Suisse), en février 2009.
Devant une Fnac à Bâle (Suisse), en février 2009. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le groupe de François-Henri Pinault cherche à se séparer depuis plusieurs mois de l'entreprise de distribution de produits culturels.

C'est officiel. La Fnac va être cotée en Bourse dès jeudi matin. Ainsi en ont décidé, mardi 18 juin, les actionnaires de Kering (ex-Pinault-Printemps-Redoute, PPR), groupe dirigé par François-Henri Pinault et propriétaire de la Fnac. Réunis en assemblée générale, ils ont approuvé à plus de 99,6% le projet de distribution en nature d'actions Groupe Fnac, préalable nécessaire pour permettre l'introduction en Bourse. Mais qu'est-ce que cela va changer ? 

Pour l'enseigne : "gagner en autonomie"

L'introduction en Bourse "permettra à l'enseigne de gagner en autonomie tout en bénéficiant de la sécurité de son actionnaire de référence, le groupe Artemis [holding de la famille Pinault qui contrôle Kering]", a déclaré François-Henri Pinault, PDG de Kering, devant un parterre d'actionnaires. "Nous sommes confiants dans la capacité de cette société à parcourir avec succès les prochaines étapes de son développement."

"C'est avec enthousiasme et confiance que la Fnac s'apprête à devenir indépendante", a déclaré pour sa part Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac. Cette cotation s'appuiera sur plusieurs "piliers", a-t-il dit, citant "une structure financière saine et solide, une équipe managériale renouvelée, et l'appui d'Artemis comme actionnaire de référence". 

Pour le groupe Kering : entériner la scission

Pour Kering, qui a choisi de se recentrer sur le luxe et l'habillement sportif, l'introduction en Bourse du groupe Fnac constitue l'une des dernières étapes pour parachever son désengagement du secteur de la distribution. Elle prendra la forme d'une scission et non d'une vente : les actions de la nouvelle entreprise, Groupe Fnac, seront distribuées aux actionnaires actuels de Kering au prorata de leur participation actuelle. Ils recevront une action Groupe Fnac pour chaque bloc de huit titres PPR déjà détenus. L'opération ne rapportera donc aucune nouvelle liquidité.

Artemis conservera 39% de ses parts dans la Fnac les deux premières années, et "au moins 25% la troisième", selon le directeur financier de la Fnac, Mathieu Malige. Kering avait annoncé le 9 octobre son intention de scinder sa filiale, après avoir vainement cherché pendant plusieurs années à la vendre.

Pour les salariés : des inquiétudes et une fermeture

A l'occasion de cette assemblée générale, Alexandre Bompard a par ailleurs annoncé la fermeture en octobre de la Fnac du centre commercial du Millénaire, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), faute de fréquentation et de rentabilité suffisantes. Il a précisé que les salariés de ce magasin seraient tous reclassés. 

Lundi, Le Parisien faisait état de la préparation d'un plan de 600 suppressions de postes à la Fnac. Le distributeur, spécialisé dans les biens culturels, emploie aujourd'hui 16 650 salariés. Mais le secteur "souffre de la dématérialisation de la musique et des livres, de la concurrence de pure players Internet comme Amazon et de la crise de la consommation", rappelle La Tribune.fr. Une réalité économique qui, plus encore que l'introduction en bourse du groupe, devrait façonner le nouveau visage de "l'agitateur de talent". 

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