Foxconn, le sous-traitant à pépins d'Apple

Des manifestants dénoncent les pratiques du géant taïwanais Foxconn, en marge de l\'assemblée générale de l\'entreprise, le 18 mai 2011 à Hong Kong.
Des manifestants dénoncent les pratiques du géant taïwanais Foxconn, en marge de l'assemblée générale de l'entreprise, le 18 mai 2011 à Hong Kong. (MIKE CLARKE / AFP)

Le fabricant taïwanais s'est excusé, mardi, d'avoir fait travailler un ouvrier de 14 ans, alors que l'âge légal du travail en Chine est fixé à 16 ans. FTVi revient sur les controverses autour du principal fournisseur d'Apple.

ASIE-PACIFIQUE – Nouveau problème social chez Foxconn technology. Le principal sous-traitant d'Apple a annoncé, mardi 16 octobre, la "découverte" d'un ouvrier de 14 ans dans une de ses usines en Chine, où l'âge légal du travail est fixé à 16 ans. Le groupe s'est excusé et l'enfant a été renvoyé à l'école.

Premier fabricant mondial de composants informatiques, Foxconn apparaît régulièrement comme l'une des faces obscures du géant Apple. FTVi revient sur ses méthodes contestées, à la fois dans les usines et sur le temps libre des salariés.

Des journées de labeur dantesques 

Heures supplémentaires illégales, insécurité, conditions de travail désastreuses... La liste des atteintes aux droits du travail est longue depuis des années chez Foxconn, qui produit également les consoles Xbox 360 et Playstation 3. Fin janvier, le New York Times racontaient des journées de 12 heures, 6 jours sur 7, sous une lumière "éblouissante". En réaction, Apple s'est engagé, fin mars, à "ramener les heures de travail aux limites légales, tout en préservant leur rémunération, à améliorer les conditions sanitaires et de sécurité et à offrir [aux ouvriers] des possibilités réelles" de faire entendre leurs doléances. Date butoir : juillet 2013.

La controverse autour des méthodes de l'entreprise n'a pas cessé pour autant. En septembre, Foxconn a été accusée d'employer de force des étudiants pour travailler sur les lignes de montage des iPhone 5. Fidèle à sa politique de communication opaque, l'entreprise a démenti ces accusations, tout comme elle l'a fait le 6 octobre au sujet d'une grève de plusieurs milliers de travailleurs, dans son usine de Zhengzhou (Chine).

Pas de répit après le travail

Sur leurs rares heures de repos, les salariés ne sont pas libérés de l'emprise de Foxconn. Logés dans des dortoirs, 2 000 d'entre eux ont été impliqués dans une rixe le 24 septembre sur le site de Taiyuan (Chine). Lorsque "les ouvriers sont traités comme de simples unités de production (...), comme des robots, la violence reste parfois le seul moyen de s'exprimer", a réagi l'association de défense des droits des travailleurs China Labour Bulletin. En 2010, l'entreprise avait fait parler d'elle en réclamant à ses employés de signer un pacte de non-suicide, comme le rapportait alors Slate.

Même à l'hôpital, les travailleurs ne sont pas assurés de pouvoir souffler. Comme le rapporte Parismatch.com, Foxconn aurait exigé cet été, par SMS, qu'un travailleur de 26 ans quitte l'hôpital après avoir perdu la moitié de son cerveau dans un accident du travail. "Foxconn a au moins accepté de payer ses frais d'hôpital et le relogement de sa famille à Shenzhen, nuance l'hebdomadaire. D'autres, en Chine, n'ont pas cette chance."

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