Renault : des fermetures de sites "inéluctables" en l'absence d'accord

Des employés de Renault dans l\'usine de Maubeuge (Nord), le 8 octobre 2012. 
Des employés de Renault dans l'usine de Maubeuge (Nord), le 8 octobre 2012.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

L'AFP s'est procuré un document de la direction qui recense plusieurs propositions de la direction sur l'accord de compétitivité en cours de négociation. La menace d'une fermeture d'usines en France est réelle. 

Dans les difficiles négociations en cours au sein du groupe Renault, la méthode compte sans doute presqu'autant que les résultats. Et pour les syndicats, la direction a déjà franchi la ligne rouge, en brandissant la menace de fermetures de sites. Un document de la direction de Renault, consulté mardi 23 janvier par l'AFP, semble étayer leurs accusations. Ce document, remis la veille aux représentants du personnel, explique qu'à "défaut [d'accord], l'engagement de ne pas fermer de sites ne pourrait être tenu et des fermetures de site seraient inéluctables". 

En annonçant la suppression de près de 8 000 postes en France d'ici à la fin 2016, Renault n'a jamais vraiment caché que le sort des usines françaises était en jeu. Le constructeur s'engageait à maintenir ouverts les sites français uniquement à la condition qu'un accord de compétitivité (portant notamment sur un gel des salaires et une harmonisation du temps de travail) soit trouvé et signé par au moins 30% des syndicats représentatifs.

Le ton de la direction dénoncé par les syndicats

Mais les syndicats reprochent à Renault d'avoir recours au chantage, à peine les négociations commencées. "La direction nous a prévenus : 'Si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment'", a expliqué mardi Laurent Smolnik, délégué central FO. La direction a démenti par communiqué.

Interrogé par L'Usine nouvelle sur ces déclarations, Gérard Leclercq, directeur des opérations France du groupe, s'est contenté de déclarer que "toutes les possibilités devraient être mises sur la table" en l'absence d'accord, refusant de donner des précisions sur le nom des sites menacés. Mais les syndicats s'inquiètent déjà du sort de l'usine de Flins, dans les Yvelines, fragilisée par la délocalisation d'une partie de la production de la Clio IV à Bursa, en Turquie.

Avertissement du gouvernement

Pas de quoi rassurer les syndicats. L'échange a, en tout cas, amené plusieurs ministres à formuler un avertissement à la marque au losange. "Tous les moyens ne sont pas bons dans une négociation. Donc il ne doit pas y avoir de chantage. Il doit y avoir une négociation ferme, mais loyale", a ainsi déclaré le ministre du Travail, Michel Sapin, appuyé par des déclarations similaires du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

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