BNP Paribas résistera-t-elle à son amende record ?

Devant une agence BNP Paribas, à Paris, en avril 2012.
Devant une agence BNP Paribas, à Paris, en avril 2012. (LOIC VENANCE / AFP)

La direction de la banque française se montre optimiste quant à sa capacité à payer l'amende de 6,5 milliards d'euros infligée par la justice américaine. Les marchés sont confiants.

La sanction est tombée pour BNP Paribas. En plaidant coupable devant les autorités américaines pour avoir violé les règles d'embargo imposées par Washington, la banque française a accepté de s'acquitter d'une amende de 8,9 milliards de dollars, soit 6,5 milliards d'euros.

La banque reste solide, selon la direction

Le règlement du contentieux ne remet pas en cause la solidité de BNP Paribas, qui dispose d'une trésorerie abondante qui lui permettra de payer l'amende, a déclaré mardi 1er juillet le directeur financier du groupe bancaire français, Lars Machenil, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes. Il a précisé que la banque devrait passer en 2015 par d'autres établissements bancaires pour réaliser certaines opérations en dollars, que la BNP doit suspendre pendant un an.

Le groupe a indiqué que son dividende devrait rester en 2014 au même niveau qu'en 2013, soit 1,50 euro, alors qu'il aurait été d'environ 2 euros hors impact du contentieux américain.

Les marchés plutôt rassurés

A la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas a augmenté de près de 3% à l'ouverture mardi matin. Il faut dire que le titre avait déjà intégré, ces dernières semaines, une éventuelle condamnation. Entre le 12 février (60,85 euros) et le 26 juin (49,13 euros), l'action avait perdu plus de 19%.

Les analystes financiers observent ce dénouement avec optimisme : "Si les montants semblent énormes, l'essentiel est sauf. En effet, BNP Paribas pourra conserver sa licence américaine, ce qui était le plus important et aurait pu signer un arrêt de mort pour la banque française", estime John Plassard, directeur adjoint de Mirabaud Securities.

Dans une note, Nomura considère les sanctions américaines moins mauvaises que ce qui pouvait être craint, jugeant le montant de l'amende conforme aux attentes et les conséquences sur le dividende et la solvabilité de la banque meilleures qu'attendu.

Des effets à plus long terme ?

Si les marchés devraient plutôt bien réagir à court terme, ces sanctions pourraient avoir des effets à plus long terme, préviennent toutefois certains investisseurs. "Après une certaine digestion, l'addition pourrait être bien plus salée qu'anticipé", note John Plassard.

La suspension, pendant un an, des opérations de compensation en dollars pourrait inciter plusieurs clients institutionnels à choisir d'autres établissements, y compris à l'issue de cette période de suspension. BNP Paribas pourrait alors modifier sa politique de prix. Certains analystes soulignent, enfin, que d'autres banques européennes pourraient être sanctionnées par les Etats-Unis.