Belfort : les salariés de General Electric se mobilisent pour "obliger M. Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois"

Le logo de l\'usine General Electric, à Belfort.
Le logo de l'usine General Electric, à Belfort. (MANON KLEIN / RADIO FRANCE)

Les salariés se mobilisent mardi matin à Belfort, sur le site de GE Belfort. Ils craignent des suppressions d'emploi et demandent à Emmanuel Macron de "se positionner", selon le délégué syndical Nicolas Mercier.

Les salariés de l'ancienne usine d'Alstom, dont la division énergie a été rachetée en 2015 par General Electric, craignent 800 à 1 000 suppressions d'emplois sur les 1 900 au total. Ils ont décidé de se mobiliser mardi 21 mai à Belfort. "M. Bruno Le Maire a indiqué qu'il n'y avait pas d'autres choix. C'est un aveu de faiblesse flagrant", dénonce mardi sur franceinfo Nicolas Mercier, délégué syndical et élu CSE de GE EPF. "La mobilisation d'aujourd'hui a un but principal : obliger monsieur le président Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois qui sont annoncées", explique-t-il. Il espère rencontrer le président de la République dans le courant de la semaine.

franceinfo : Pourquoi vous mobilisez-vous aujourd'hui ?

Nicolas Mercier : La mobilisation d'aujourd'hui a un but principal, c'est obliger monsieur le président Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois qui sont annoncées. GE a repoussé ses annonces après les élections européennes mais malgré cela, M. Bruno Le Maire a indiqué qu'il n'y avait pas d'autres choix. C'est un aveu de faiblesse flagrant. On considère à l'inverse que les suppressions évoquées sont un pur non-sens et qu'au vu des factures industrielles actuelles, il faut à l'inverse embaucher. La turbine à gaz a de l'avenir dans le monde.

GE dit que la conjoncture est mauvaise. Où en est votre carnet de commandes ?

C'est un petit peu le problème que l'on a depuis 12 ou 24 mois. On voit le marché accusé de tous les maux et seulement le marché. Le marché de la turbine à gaz est un marché cyclique. C'est un fait. Malgré tout, il y a des signes de reprise en Europe, notamment en Allemagne qui nous a passé plusieurs commandes depuis quelques mois, une première depuis maintenant plusieurs années. La reprise du marché est là, tous les experts s'accordent à le dire. Et on a plusieurs arguments pour expliquer pourquoi ces suppressions d'emplois seraient injustifiables et qu'à l'inverse il faut embaucher. 200 personnes sont parties sur 2018 et n'ont pas été remplacées. On considère que le PSE 2018 a eu lieu de manière masquée. On a atteint un seuil critique aujourd'hui. Monsieur Hugues Bellay, le nouveau patron de GE France, a confirmé aux organisations syndicales il y a quinze jours qu'il n'y avait aucun transfert d'activité envisagé vers les États-Unis ou ailleurs. Cette branche de GE est la plus profitable. On a fait plus de 90% des bénéfices. Le déficit qu'on nous accuse de faire est purement un montage financier de manière à rapatrier les bénéfices ensuite.

Que craignez-vous ? Une fermeture ?

Pour l'instant, on est dans l'expectative. On peut tout craindre dans l'absolu. Maintenant on estime que ces chiffres qui sont annoncés, de 800 à 1 000 [suppressions d'emplois] sont irréalistes, ça générerait des suppressions d'entités entières, et surtout irréalistes d'un point de vue industriel : la turbine à gaz est le binôme idéal du renouvelable qui est en plein essor, par rapport à son démarrage rapide notamment et qui permettrait d'absorber les pics de consommation. De plus, Siemens a annoncé sortir sa branche gaz du conglomérat. Du côté de leurs clients, ça va générer des latences pour certainement plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, et que ça représente des opportunités sur GE.

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