Alstom-Siemens : la fusion est-elle toujours la bonne solution ?

France 2

Après le rejet de la fusion Alstom-Siemens, France 2 s'interroge sur le réel bienfait des fusions.

Le veto de la Commission européenne à la fusion entre l'entreprise française Alstom et l'allemand Siemens a suscité le débat cette semaine. Au-delà de cette décision, France 2 a voulu savoir si l'Europe s'est octroyée une politique industrielle puissante afin de contrer les géants de l'économie mondiale. Selon la commissaire européenne à la Concurrence, une telle fusion aurait créé une situation de monopole, c'est-à-dire moins de concurrence et une hausse des prix.

"Les monopoles n'innovent pas"

En protégeant les consommateurs, l'Europe fragilise-t-elle les entreprises ? Oui, selon l'économiste Élie Cohen. "Chaque fois qu'on a voulu bâtir des champions européens, on n'a pas pu les constituer", constate-t-il. Et pourtant, certaines entreprises réussissent. En 2001, la commission refuse le mariage des deux fabricants de matériel électrique Schneider et Legrand. Aujourd'hui, les deux entreprises fonctionnent très bien séparément. Alors, faut-il favoriser les fusions ? Selon l'économiste Éric Chaney, accepter une fusion, c'est souvent créer un monopole et cela représente un danger. "C'est par l'innovation qu'on peut être les meilleurs. [Or], les monopoles n'inventent pas", assure-t-il. Pourtant, le refus d'une fusion reste une exception. En dix ans, Bruxelles a bloqué sept fusions et en a autorisé plus de 3 000.

Le JT
Les autres sujets du JT
Vous êtes à nouveau en ligne