Alliance Alstom-Siemens : c'est un mariage "qui peut être la meilleure des choses ou la pire des choses"

Des salariés de l\'Alstom sur le site de Belfort (Territoire de Belfort), le 22 février 2017.
Des salariés de l'Alstom sur le site de Belfort (Territoire de Belfort), le 22 février 2017. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Damien Meslot, maire LR de Belfort (Territoire de Belfort), a expliqué, mardi sur franceinfo, attendre "des garanties" de l'État dans le rapprochement des domaines ferroviaires d'Alstom et de Siemens.

Le possible mariage entre Alstom et Siemens, dans le ferroviaire, peut être "la meilleure des choses ou la pire des choses", a estimé, mardi 26 septembre sur franceinfo, Damien Meslot, le maire Les Républicains de Belfort (Territoire de Belfort). Après un premier rapprochement avorté en 2015, les conseils d'administrations d'Alstom et Siemens se réunissent, mardi. Ils pourraient acter le rapprochement de leurs activités ferroviaires pour devenir le champion européen du ferroviaire.

Damien Meslot est surtout préoccupé par les risques de "fermetures de sites et de licenciements". Il s'interroge aussi sur "le pourcentage de Siemens au capital", car "c'est celui qui détient le capital qui décide"

franceinfo : Alstom-Siemens, est-ce un mariage pour le meilleur ou pour le pire ?

Damien Meslot : Ça peut être la meilleure des choses ou la pire des choses. La meilleure, car cela peut permettre d'avoir un poids important face au concurrent chinois. Mais, cela peut être la pire des choses parce que les activités de Siemens et Alstom sont très similaires. Et, il peut y avoir un certain nombre de fermetures de sites et de licenciements. Donc, nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir quel sera le pourcentage de Siemens au capital, si l'État va garder une action de référence ou, au moins, une minorité de blocage. C'est important de le savoir, car on parle bien du passage d'Alstom sous pavillon allemand. On a beau nous dire : "On garde nos dirigeants, on garde le siège et on est coté à Paris." C'est celui qui détient le capital qui décide.

Quel est le rôle de l'État dans cette alliance ?

C'est l'État qui peut prendre des garanties et qui doit être en mesure de nous rassurer. Il y a un an, on nous annonçait la fermeture du site d'Alstom à Belfort. Il y a eu une formidable mobilisation des syndicats, salariés, élus et de la population. Cela a permis de mettre en place un plan de sauvetage. Maintenant, on veut que l'État prenne des garanties qui permettront de maintenir l'emploi et l'outil industriel. Une fois de plus, on a l'impression d'avoir une politique au coup par coup. Il n'y a pas de vision industrielle à moyen ou à long terme et pas de politique ferroviaire importante en France.

Pensez-vous que cela pourrait remettre en cause ce plan de sauvegarde qui a moins d'un an ?

Cela peut le remettre en cause. J'ai passé un coup de fil à Bruno Le Maire [ministre de l'Économie] qui doit me rappeler dans la soirée. J'attends des garanties de sa part, voire la répartition du capital pour voir si l'État a encore une influence ou plus d'influence. Ce sera un point d'accord important qui peut nous rassurer ou nous inquiéter.

Comment est vécue cette situation, sur place, par les salariés d'Alstom ?

Il y a une grande inquiétude. Personne ne sait ce qui va sortir de ce mariage. J'ai été, durant 15 ans, député au territoire de Belfort. En 2002, on a eu une suppression de 1 000 emplois à Alstom. On nous a dit qu'avec cette restructuration cela ira mieux. Ensuite, il y a eu la vente de la partie énergie à General Electric. Grâce à cette vente, on nous disait qu'Alstom aurait les moyens de peser sur le plan international. On s'aperçoit que toutes ces promesses ont été vaines, parce que souvent nos dirigeants nous ont donné des assurances qu'ils ont été incapables de tenir. Nous allons demander aux ministres concernés d'apporter des garanties pour le maintien du site de Belfort, un des sites emblématique d'Alstom France.

"On parle bien du passage d'Alstom sous pavillon allemand", Damien Meslot
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