Code du travail : la CFDT, la CFTC et l'Unsa dénoncent un projet "déséquilibré"

Le dirigeant de la CFDT Laurent Berger, le 25 juillet 2017 à Matignon.
Le dirigeant de la CFDT Laurent Berger, le 25 juillet 2017 à Matignon. (BERTRAND GUAY / AFP)

Les trois syndicats jugent que le gouvernement doit "ajuster les ordonnances et décrets d'application".

Trois syndicats montent au créneau pour dénoncer la réforme du Code du travail. Dans une tribune publiée mardi 19 septembre par Les Echos, les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa brocardent un projet "déséquilibré", réalisé "au détriment des salariés", en "facilitant les licenciements" ou "en imposant" une instance unique de représentation des personnels dont les moyens ne sont pas garantis.

Le gouvernement doit "ajuster les ordonnances et décrets d'application qui viendront afin de donner les moyens" au dialogue social, réclament Laurent Berger (CFDT), Philippe Louis (CFTC) et Luc Bérille (Unsa). Cette tribune est publiée à l'avant-veille d'une mobilisation lancée par la CGT, Solidaires et l'Unef, pour dénoncer les ordonnances, à laquelle ils ne s'associent pas.

Le gouvernement "doit changer de trajectoire"

"Le gouvernement avait toute légitimité de légiférer par ordonnance pour réformer le marché du travail. Mais il l'a fait au détriment des salariés", écrivent les trois leaders, trois jours avant la présentation des ordonnances en conseil des ministres. Le gouvernement "peut encore - et il doit - changer de trajectoire", insistent-ils.

Les trois syndicalistes dénoncent le fait que les ordonnances vont "faciliter" les licenciements, "au point d'imposer à la justice prud'homale une limitation des indemnités versées aux victimes de licenciements illégaux".

Autre critique : la décision de fusionner des instances représentatives des personnels, "sans garantir les moyens" que l'entité fusionnée et ses élus "auront pour exercer leurs missions".

Dernier exemple : la possibilité de négociation sans organisation syndicale dans les entreprises jusqu'à 50 salariés. Ces mesures "déséquilibrent le texte au détriment des salariés", critiquent-ils.