Faut-il choisir le même métier que ses parents ?

Ambition personnelle, tradition familiale, influence parentale : plusieurs facteurs entrent en jeu dans le choix d'une profession chez les jeunes.

Rêves de métier dès l'enfance...

Quel que soit l'âge auquel se fait le choix d'un métier, ce n'est jamais au hasard. En effet, le milieu familial est un facteur qui peut influencer de façon importante, consciemment ou non, la décision d'un jeune en ce qui concerne son orientation professionnelle.Selon une étude de l'Insee, 58 % des garçons de 15 ans dont le père exerce une profession intellectuelle ou scientifique souhaitent suivre cette même voie, contre 36 % pour l'agriculture ou l'artisanat et seulement 4 % dans le milieu ouvrier.Le psychologue américain C.E Werts a mis en évidence un lien entre la profession du père et la profession probable de l'enfant dans trois secteurs professionnels : secteur social (père enseignant, enfant professeur à l'université), secteur scientifique (père chimiste ou physicien, enfant chimiste, physicien ou mathématicien) et secteur médical (père médecin, enfant médecin).Généralement, les salariés de la fonction publique sont nettement plus nombreux que ceux du privé à être issus de parents eux-mêmes salariés de l'administration. Cette tradition familiale est notamment présente chez les enseignants ou dans la police.

Le rôle des parents dans le choix du métier

Les jeunes qui souhaitent exercer le même emploi que leurs parents le font pour diverses raisons. Souvent dans le but de perpétuer la tradition familiale, la reprise d'une entreprise est parfois une synonyme de facilité : le nom est déjà fait, l'emplacement déjà trouvé, lorsqu'il s'agit d'un commerce, les réseaux et carnets d'adresse déjà bien remplis. Mais fréquemment, ce sont les parents qui transmettent le plaisir du métier.C'est le cas notamment de Mathilde, 34 ans, pharmacienne à Lyon. « Ma mère était pharmacienne et mon père médecin. Ces deux professions reviennent à plusieurs reprises dans l'arbre généalogique de ma famille depuis trois générations. Il était donc presque incontournable que je porte à mon tour la blouse blanche. J'ai choisi la pharmacie car dans un premier temps je souhaitais m'orienter vers la recherche. Mais j'ai eu au cours de mes études mon premier enfant, j'ai donc renoncé à ce projet et j'ai repris les rênes de l'officine familiale à la fin de mes études. Lorsque l'on grandit un univers familial très marqué par une profession, il est difficile de faire le choix de rompre la tradition. Mais ce n'est pas une contrainte si les parents savent transmettre leur passion de leur métier à leurs enfants. Et ce fut mon cas ! Toutefois, si aucun de mes trois enfants ne suit cette voie familiale, je serais certainement un peu triste mais je veillerais à ne pas les influencer. »

(Rédigé par la rédaction / mis à jour le 7 mars 2012)