Réforme de la fonction publique : dans la peau d'un contractuel

Le projet de réforme de la fonction publique prévoit un recours accru aux contrats précaires. Le gouvernement souhaite restructurer les services publics et faire des économies.

Depuis dix mois, l'homme est employé par la mairie de Laon dans l'Aisne. Architecte, il doit restaurer les vieux bâtiments de la ville. Contractuel depuis cinq ans, il a exercé dans plusieurs collectivités et n'est pas fonctionnaire. "Ce n'est pas forcément ma vocation, puisque j'avais fait un diplôme d'architecte, donc j'aurais pu travailler dans un cabinet, mais j'ai trouvé un moyen de me rendre utile à la société", dit-il.
À Laon, on compte une cinquantaine de contractuels pour 350 fonctionnaires, soit un employé sur huit. Mais quasiment les mêmes conditions de travail. Les architectes travaillent dans les mêmes bureaux. Le collègue du contractuel suivi, fait le même travail, mais au profit de la communauté de commune : mêmes horaires, mêmes vacances, mais il un a un emploi à vie. Il est en CDI et non en CDD de trois ans. "À long terme, je n'ai pas forcement de vison", précise-t-il.

Question de souplesse ?

"On a été recrutés en même temps. Lui est plus jeune et contractuel, moi je suis fonctionnaire et ai une expérience plus ancienne", avance son collègue. Le maire l'a embauché car aucun fonctionnaire avec les mêmes compétences n'avait postulé. La réforme veut donner aux collectivités locales une plus grande liberté dans leur recrutement. "Le recours aux contractuels est parfois nécessaire, donne de la souplesse, mais ce n'est pas un objectif en soi. L'objectif est de garder les compétences et le garder dans la durée", dit le maire. Les syndicats pestent contre la remise en cause du statut.

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