Grèves : "La colère est intacte et continue de monter dans la fonction publique", affirme la secrétaire générale de la FSU

RADIO FRANCE

Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, invitée de franceinfo jeudi qu'"il y a des fonctionnaires qui veulent se faire entendre".

Les manifestations parisiennes ont rassemblé à elles deux 47 800 personnes à Paris, selon le comptage des médias. Sur l'ensemble de la France, ce sont près de 500 000 personnes qui ont manifesté contre les projets de réforme du gouvernement, selon les chiffres de la CGT (323 000 selon le ministère de l'Intérieur). Pour Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, invitée de franceinfo jeudi soir, cette journée est "réussie".

franceinfo : Cette journée de mobilisation est-elle une réussite ?

Bernadette Groison : C'était une journée importante et une journée réussie. Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous avons plus de manifestants que la journée du 10 octobre, alors qu'il n'y avait que sept fédérations qui appelaient. Tout ce qui remonte de province et de Paris montre qu'il y a plus de personnes qui sont descendues dans la rue. Ce qui veut dire que la colère, la détermination à se faire entendre, est intacte, voire continue de monter dans la fonction publique. Ce qui est à regarder, c'est la tendance. La tendance du ministère comme la nôtre montrent qu'il y a une évolution plutôt positive, avec peut-être des personnels qui ne sont pas massivement dans la grève, mais qui sont mobilisés.

Le message est-il que la colère gronde ?

Oui. Ce qu'il faut retenir au-delà des batailles de chiffres, c'est qu'il y a une mobilisation importante dans la fonction publique qui ne désamorce pas. Il y a des fonctionnaires qui veulent se faire entendre sur la nécessité que leur travail soit mieux reconnu, que leur pouvoir d'achat soit améliorer, mais aussi qu'on ait un projet de la fonction publique qui soit bien celui qui correspond à notre époque. On le voit bien dans les hôpitaux, les écoles, les prisons. Le gouvernement doit renoncer à ce projet de moins d'Etat, d'externalisation, de suppression d'emploi, de contournement des missions. C'est cela qui est dit aujourd'hui. Nous défendons, pas seulement notre pouvoir d'achat, mais aussi l'avenir de la fonction publique. J'espère que le gouvernement va regarder de très près ce qui s'est passé aujourd'hui.

Le gouvernement peut-il entendre le bruit de la rue ?

C'est un peu plus qu'un bruit. Il y a dans la fonction publique une mobilisation importante qui s'est exprimée aujourd'hui qui montre que les fonctionnaires ne sont pas prêts à lâcher une certaine idée de la fonction publique et à renoncer à porter des exigences tout à fait logiques. Entendre cela, c'est nous dire, on revient à la table des discussions en disant, il y a un désaccord massif qui s'est exprimé. Que le gouvernement revienne en disant, on remet tout cela sur la table et on fait un vrai dialogue social où on entend aussi les propositions que portent les organisations syndicales pour travailler à un autre avenir de la fonction publique.

Il y a eu des perturbations dans les écoles, ou dans les transports. Comment voyez-vous cette "bataille" entre usagers et grévistes ?

Je ne suis pas sûr qu'il y ait une bataille entre usagers, et cheminots ou fonctionnaires. Je comprends l'exaspération des gens qui rentrent chez eux. Evidemment, quand on travaille dans les services publics, cela se voit. Je crois que les gens, au-delà du moment d'humeur de cette journée, comprennent les revendications, car ils voient les dysfonctionnements des services publics, ils voient les problèmes dans les écoles, dans les hôpitaux, à la SNCF. On a intérêt à continuer d'expliquer les raisons d'une grève et à redire que la fonction publique c'est au service des usagers. Il y a la défense d'un service public de qualité. Quand on dit, on veut conforter le statut de la fonction publique, c'est aussi parce qu'on pense que c'est important pour les usagers.

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