Fonctionnaires : une lutte chronique avec les gouvernements successifs

France 2

Sur le plateau du 13 Heures, le journaliste Jeff Wittenberg décrypte le conflit entre le gouvernement et les fonctionnaires, mobilisés ce jeudi 22 mars.

C'est la seconde fois depuis l'élection d'Emmanuel Macron que les agents publics se mobilisent. Qu'est-ce qui coince ? "Il y a d'abord la question des effectifs, car la baisse du nombre de fonctionnaires, c'est l'arme classique régulièrement employée par les gouvernements pour réduire la dépense publique", explique le journaliste Jeff Wittenberg sur le plateau du 13 Heures. "Si, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, on estime à 144 000 la réduction du nombre d'agents de la fonction publique, les effectifs sont restés à peu près stables sous François Hollande, notamment à cause des recrutements dans l'éducation", ajoute-t-il. "Pour le quinquennat actuel, le gouvernement envisage de procéder à 120 000 suppressions de postes, qui correspondraient à 60 milliards d'euros d'économies"

La rémunération au mérite envisagée par le gouvernement

En ce qui concerne la rémunération des fonctionnaires, "les chiffres sont contrastés, car si les employés et les ouvriers sont globalement un peu mieux payés dans le secteur public que dans le privé, il n'en va pas de même pour les cadres, qui ont une rémunération nettement inférieure lorsqu'ils sont fonctionnaires", souligne-t-il. "Il y a l'idée régulièrement évoquée de la rémunération au mérite, un vrai chiffon rouge. Déjà, en 2003, le gouvernement avait voulu instaurer un système de prime ; idée reprise par Nicolas Sarkozy, et aujourd'hui, par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. Enfin, concernant les retraites, "il y a déjà eu deux grandes réformes : la réforme Fillon en 2003 et la réforme Woerth en 2010, avec à chaque fois l'allongement de la durée de cotisation et donc le recul de l'âge de départ à la retraite. Aujourd'hui, hors fonction publique hospitalière, l'âge de départ moyen chez les fonctionnaires est de 61 ans et deux mois ; guère moins que dans le privé, où on part à la retraite à 62 ans et cinq mois", conclut-il.

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