Fonctionnaires : les effectifs de l'Etat ont (très) légèrement augmenté en 2018

Cette légère augmentation s\'explique par les hausses d\'effectifs au sein du ministère de l\'Intérieur et de la Justice.
Cette légère augmentation s'explique par les hausses d'effectifs au sein du ministère de l'Intérieur et de la Justice. (PASCAL PAVANI / AFP)

Contrairement à ce que prévoyait le gouvernement, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 206 postes en équivalent temps plein (ETP).

Le nombre de fonctionnaires employés par l'Etat a légèrement augmenté l'an dernier, et non pas baissé comme le prévoyait le gouvernement, selon des chiffres révélés mercredi 15 mai par la Cour des comptes dans son rapport sur l'exécution du budget 2018. Selon la Cour, 206 postes en équivalent temps plein (ETP) ont été créés sur le périmètre de l'Etat, alors que la loi de finances initiale prévoyait la suppression nette de 324 emplois. Cela représente "un écart de +530 emplois" par rapport aux prévisions, souligne-t-elle.

Cette tendance s'explique par les hausses d'effectifs au sein des ministères de l'Intérieur et de la Justice, où les départs à la retraite ont été inférieurs aux attentes, mais aussi aux créations de postes liés à la lutte contre le terrorisme, qui se sont poursuivies. Elle n'intègre cependant pas les effectifs des opérateurs de l'Etat, auxquels sont confiés des missions de service public (à l'image de Pôle emploi), et pour lesquels la loi de finances prévoyait près de 1 200 suppressions de postes nettes. "Ce chiffre, malgré nos demandes réitérées, ne nous a pas encore été transmis", a regretté Raoul Briet, président de la première chambre de la Cour des comptes.

La baisse "n'est pas encore engagée"

Mais au vu des données disponibles sur le périmètre de l'Etat, "la baisse des effectifs" promise par Emmanuel Macron "n'est pas encore engagée", même si les créations de postes ont été "très limitées par rapport aux années précédentes", estiment les magistrats financiers. Dans son programme de campagne, Emmanuel Macron avait promis 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires sur l'ensemble du quinquennat, dont 50 000 sur la périmètre de l'Etat et de ses opérateurs.

A l'issue du grand débat, le chef de l'Etat s'est dit prêt à "abandonner" cet objectif, dans le cas où il ne serait "pas tenable". Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a toutefois assuré que l'exécutif n'avait par "renoncé" à son objectif, encore "possible". Interrogé lors d'une conférence de presse sur la pertinence de celui-ci, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, n'a pas souhaité se prononcer. "La maitrise des effectifs est toujours possible, c'est une question de volonté politique", a-t-il toutefois commenté.

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