Plus d'un tiers des chômeurs estiment avoir été discriminés à l'embauche

Plus d\'un tiers des chômeurs disent avoir été discriminés à l\'embauche, selon une enquête de l\'Ifop.
Plus d'un tiers des chômeurs disent avoir été discriminés à l'embauche, selon une enquête de l'Ifop. (PHOTO ALTO / ERIC AUDRAS / GETTY IMAGES)

Quatre sources possibles de discriminations sont désignées par plus de 20% des demandeurs d'emploi interrogés par l'Ifop : l'apparence physique, le fait d'être chômeur, le sexe ou les origines.

De nombreux chômeurs ont le sentiment d'avoir été discriminés lors d'un entretien d'embauche. Une enquête Ifop pour le Défenseur des droits révèle que près de quatre demandeurs d'emploi sur dix (37%) estiment avoir été discriminés.

Quatre sources possibles de discriminations sont désignées par plus de 20% des demandeurs d'emploi. Par ordre d'importance: l'apparence physique (obésité, vêtements, etc.), le fait d'être chômeur, le sexe ou les origines (couleur de peau, nationalité, accent, etc.). Viennent ensuite le handicap, l'âge avancé, le lieu d'habitation. En revanche, l'orientation sexuelle, les opinions politiques ou syndicales sont très peu citées.

Plus de discriminations aux origines dans les ZUS

Pour les demandeurs d'emploi résidant en Zone urbaine sensible (ZUS), les origines s'avèrent être le premier critère discriminant (48% contre 23% de la population des demandeurs d'emploi en France entière). Comparativement, ces chômeurs déclarent cependant moins souvent que l'ensemble des demandeurs d'emploi avoir vécu une ou plusieurs discriminations (29% au lieu de 37%).

Une majorité des demandeurs d'emploi concernés rapporte que la discrimination a eu lieu au moment d'un entretien d'embauche, davantage qu'à l'occasion de l'envoi du CV. Les habitants des zones rurales ou de ZUS témoignent beaucoup plus souvent d'une discrimination sur CV. De façon plus générale, 87% des demandeurs d'emploi considèrent que les discriminations sont fréquentes au moment d'accéder à un emploi.

Ce sondage a été mené d'une part auprès d'un échantillon représentatif de 1 004 demandeurs d'emploi de la France entière, interrogés en ligne du 27 juin au 16 juillet, et d'autre part auprès d'un échantillon de 502 chômeurs résidant en Zone urbaine sensible, questionnés par téléphone du 27 juin au 4 juillet.