"Non à la casse du moteur d'emploi" : à Choisy-le-Roi, une marche organisée pour protester contre la fermeture de l'usine Renault

Le site Renault de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), le 3 juin 2020.
Le site Renault de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), le 3 juin 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

Des centaines de salariés, élus et habitants de cette commune du Val-de-Marne ont manifesté, samedi. Il s'agirait du seul site industriel que le groupe prévoit de fermer, d'ici 2022.

"Choisy choisit Renault." Une marche a eu lieu, samedi 6 juin, vers l'usine Renault de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), que le constructeur automobile prévoit de fermer. En présentant un plan de deux milliards d'euros d'économies à réaliser sur trois ans, le président de Renault, Jean-Dominique Senard, avait annoncé que l'usine de cette ville de la région parisienne serait le seul des 14 sites industriels du groupe en France à fermer, à l'horizon 2022.

"Non à la casse du moteur d'emploi", pouvait-on lire sur des banderoles. Et sur le gilet jaune d'un manifestant : "Senard, créateur de chômeurs". "On déménagera pas !" ont scandé des salariés encartés à Force ouvrière, premier syndicat de l'usine. Outre des centaines de salariés, des habitants et des élus locaux ont également participé à cette marche, malgré la crise sanitaire. Pourtant, dans le cadre de l'épidémie de coronavirus, les rassemblements de plus de dix personnes dans l'espace public sont toujours proscrits.

Prenant la parole avant que le cortège ne s'élance, le maire PCF de Choisy, Didier Guillaume, a fustigé le "non-sens" qui consiste à fermer un site "hautement vertueux, qui travaille sur l'économie circulaire" et accueille des "jeunes en insertion".

"On n'a pas eu le Covid, mais on a la rage"

"On favorise les actionnaires", a estimé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, salarié de Renault déjà venu manifester son soutien au personnel de Choisy-le-Roi, mercredi. "On n'a pas eu le Covid, mais on a la rage", confie à l'AFP Frédéric, qui travaille à Choisy depuis plus de 20 ans. Ayant appris la nouvelle de la fermeture de son usine "à la radio, en allant au travail", il se dit "dépité", mais ne "lâchera pas". "On ne veut pas aller à Flins, Renault Choisy c'est une petite famille, y a une histoire", fait-il valoir.

L'activité de l'usine de Choisy, inaugurée en 1949 et qui emploie aujourd'hui quelque 260 salariés à la rénovation et au reconditionnement de moteurs et boîtes de vitesses, doit être transférée dans celle de Flins (Yvelines), à environ 60 km. Durement touché par la crise, Renault, qui prévoit 15 000 suppressions d'emplois dont 4 600 en France, va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros, validé mardi par le gouvernement. "Cet argent doit servir pour maintenir l'emploi et le développer", a estimé, samedi, Philippe Martinez. 

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