"Ce plan de sauvegarde de l'emploi n'est pas légitime" : Les salariés de GE à Belfort empêchent la première réunion avec la direction

Des salariés de General Electric devant le site de Belfort le 7 juin 2019. 
Des salariés de General Electric devant le site de Belfort le 7 juin 2019.  (MARC ANDR? / MAXPPP)

La direction de General Electric devait lancer le plan de sauvegarde de l'emploi mais 700 à 800 salariés ont protesté et empêché cette réunion.  

Atmosphère tendue lundi 17 juin chez General Electric à Belfort. La réunion de lancement du plan de sauvegarde de l'emploi annoncé fin mai par la direction, devait se tenir ce matin. Ce PSE prévoit environ 1 050 suppressions de postes principalement dans l'activité turbines à gaz. Mais les dirigeants se sont heurtés aux salariés déterminés à empêcher la réunion. "Notre demande c'est d'annuler le plan, de considérer les alternatives", explique lundi matin sur franceinfo Alexis Sesmat, délégué Sud chez General Electric.

franceinfo : La réunion a donc été annulée ?

Alexis Sesmat : La réunion ne s'est pas tenue. La direction s'est présentée et s'est retrouvée face à une grosse partie des salariés. Nous étions entre 700 et 800 pour exprimer notre opposition à cette réunion. On estime que les conditions ne sont pas réunies et que la réunion est prématurée. Les dirigeants sont repartis du site. Ils se sont exprimés timidement, proposant le report de la réunion.

Refuser le dialogue n'est pas gênant ?

Mais le dialogue, on le cherche depuis neuf mois. Vous disiez l'aéronautique se porte très bien, c'est le cas. Notre revendication c'est de dire que l'aéronautique a des besoins de production. Nous avons des capacités de production, nous avons des savoir-faire qui peuvent répondre aux enjeux de l'aéronautique. Le dialogue est ouvert depuis neuf mois avec la direction et avec le gouvernement. On attend des signes tangibles d'accompagnement de ces alternatives. Or, aujourd'hui, si la réunion se tenait, le processus d'information de consultation qui est de quatre mois aurait abouti à l'exécution du plan, ce qui n'est pas compatible avec la recherche d'alternatives qui elle, va prendre 12, 18, voire 24 mois.

Vous avez eu des précisions sur le PSE ?

On ne cherche pas à avoir des précisions puisqu'on estime que ce plan de sauvegarde de l'emploi n'est pas légitime. Notre demande c'est d'annuler le plan, de considérer les alternatives. Je viens de vous parler de l'aéronautique mais il y en a d'autres. On peut parler d'hydrogène pour se projeter un peu plus dans l'avenir, pour parler un peu plus de transition énergétique. Pour le marché de la turbine à gaz, les experts s'accordent pour dire que le marché va repartir et en attendant, il y a des internalisations d'activités qui peuvent être possibles pour lisser la charge.

Cette diversification de l'activité demande des investissements importants. Vous avez un soutien du gouvernement ?

Il est timide. On a mis du temps à convaincre Bruno Le Maire qui nous a rendu visite il y a quinze jours. Il nous a assuré que cette piste aéronautique était prometteuse donc il y a un changement de discours. C'est une première satisfaction. Mais on ne va pas se satisfaire de paroles. On attend des actes tangibles, palpables et aujourd'hui, on attend toujours.

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