Les salariés d'Ascoval à ceux de Vallourec : "Regardez, faites attention, parce que si nous on tombe, vous tombez"

Des salariés d\'Ascoval de Saint-Saulve bloquent l\'accès au site de leur principal actionnaire, Vallourec, à Aulnoy-Aymeries, le 26 octobre 2018.
Des salariés d'Ascoval de Saint-Saulve bloquent l'accès au site de leur principal actionnaire, Vallourec, à Aulnoy-Aymeries, le 26 octobre 2018. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Une trentaine de salariés d'Ascoval bloquent vendredi l'usine Vallourec d'Aulnoye-Aymeries (Nord). Nacim Bardi, délégué CGT, interpelle les salariés de Vallourec, l'actionnaire d'Ascoval.

"Qu'ils nous aident nous, l'aciérie Ascoval, à survivre pendant 18 mois", a réagi vendredi 26 octobre sur franceinfo Nacim Bardi, délégué CGT au sein de l'aciérie d'Ascoval, à Saint-Saulve. Une trentaine de salariés d'Ascoval bloquent vendredi l'un des sites de Vallourec, l'actionnaire d'Ascoval, situé à Aulnoye-Aymeries (Nord). La justice a donné deux semaines de répit à Ascoval, en redressement judiciaire. Le groupe franco-belge Altifort avait proposé une offre de reprise, s'engageant à maintenir les 281 emplois de l'aciérie et à en créer 133 nouveaux, à condition que l'actionnaire Vallourec maintienne le volume de commandes et de prix pendant 18 ans, ce qu'il a refusé.

franceinfo : Les salariés de Vallourec sont-ils solidaires ?

Nacim Bardi : Les salariés sont solidaires sans être solidaires. Ils ne suivent pas le mouvement, parce que pour eux, ils ne sont pas concernés. Ils se disent que le fait de fermer l'aciérie, ça va peut-être leur donner plus de travail, mais au contraire, c'est faux ! Si l'aciérie Ascoval arrête, le site de Saint-Saulve [dans le Nord] fermera dans quelques mois, et Aulnoy-Aymeries aussi. Je ne sais pas si les salariés sont conscients de ce qu'il se passe au niveau de la stratégie de Vallourec dans leur groupe. Nous avons décidé de durcir le mouvement. On essaie, du côté d'Aulnoye-Aymeries, de faire en sorte qu'aucun tube ne sorte de l'usine. Sur Saint-Saulve, toutes les voies routières et ferroviaires sont bloquées, donc on sait que rien ne sort. Aujourd'hui, le blocage est surtout symbolique, pour dire aux salariés de Vallourec : regardez, faites attention, parce que si nous on tombe, vous tombez.

L'offre de reprise du groupe Altifort vous satisfait-elle ?

Le projet du groupe Altifort est crédible et solide. On va conquérir de nouveaux marchés, il y a de nouveaux débouchés, on va créer de nouveaux emplois. Ce projet, industriellement parlant, il est costaud. Mais c'est vrai qu'il demande un soutien de l'État et de Vallourec pendant 18 mois. Vallourec ne veut pas, parce que derrière, on connaît leur stratégie, c'est leur problème. Mais qu'ils nous aident, nous, l'aciérie Ascoval, à survivre pendant 18 mois.

Qu'espérez-vous de cette réunion à Bercy ?

C'est une réunion technique entre Altifort, Vallourec, l'État, les administrateurs judiciaires et les experts. L'État a mandaté un cabinet d'expertise indépendant, et j'espère que son analyse rejoindre celle d'Altifort, sinon ça ne sentira pas bon. Dans les aciéries, c'est très rare qu'on débraye, mais quand on le fait, c'est vraiment pour un objectif commun : le maintien de l'emploi. On est des bosseurs, et là, le fait qu'on arrête une semaine, ça marque, parce qu'on est resté solidaires entre nous, et puis on a peur pour notre avenir. Même si le projet d'Altifort est costaud, la décision sera prise par Vallourec et l'État.

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