"Le flou total" : des salariés "usés" des petits Carrefour attendent la carte définitive des fermetures

Un salarié d\'un Carrefour Contact du Nord (illustration).
Un salarié d'un Carrefour Contact du Nord (illustration). (MAXPPP)

Le comité central d'entreprise (CCE) de Carrefour Proximité doit donner lundi son avis sur le projet de cession ou fermeture de 273 magasins. L'inquiétude des salariés grandit, d'autant qu'ils disposent de peu d'informations.

Quel avenir pour les 2 100 employés des magasins Carrefour de proximité ? Faute de rentabilité, le groupe avait annoncé, en janvier, la fermeture ou la cession de 273 magasins, ex-Dia, qu'il avait rachetés en 2014. Selon la CGT, 227 magasins n'ont pas trouvé de repreneur. Carrefour doit dévoiler la liste définitive lundi 4 juin en comité central d'entreprise. Une carte des fermetures redoutée par les salariés.

Des employés dans l'expectative et le "stress" 

Dans un magasin que les salariés préfèrent garder anonyme autant que leur identité, l'enseigne Dia avait été retirée au moment du rachat par Carrefour. Depuis, le magasin a été laissé tel quel, sauf pour les prix, explique une employée. "Depuis le changement de la politique tarifaire de Carrefour, ce n’est plus comme avant", indique-t-elle. Les familles n’arrivent plus à aller dans des petites surfaces comme ça pour faire leurs courses." Avant, du temps de Dia, c’était "moins cher", assure-t-elle.

Ce magasin, peu rentable, va fermer dans un peu plus d'un mois. Carrefour s'est engagé à reclasser tout le monde, à proposer à chaque salarié trois offres d'emploi. Et c'est à peu près tout ce qu'ils savent.

Le magasin va fermer le 13 juillet, on attend les offres de travail, on verra après.Une salariée d'un magasin Carrefour, ex-Diaà franceinfo

Cette attente est de plus en plus difficile à vivre, surtout quand les clients s'impliquent. Ils s'interrogent sur le calendrier et les raisons de la fermeture. Il faut gérer tout ça, explique l'employée. "Dès fois, on a envie d’oublier un peu, mais quand un client vous pose des questions, vous êtes obligés de lui répondre", dit-elle. "On est usés. Il faut avoir le courage de se lever le matin et de venir travailler. Il y a même des gens qui tombent malades à cause de ça", témoigne-t-elle.

Son collègue n'est pas plus avancé. "On nous dit qu’il y a un plan de reclassement derrière, mais on ne sait pas où on va. C’est le flou total pour l’instant", lance-t-il.

On nous annonce des dates, mais à chaque fois, c’est repoussé.Un employé d'un "petit" Carrefourà franceinfo

Sa collègue ajoute que des employés sont "stressés". "Il y a des gens perdus, qui ne savent même pas quoi faire", assure cette salariée. Pour éviter cette situation, elle se demande même si elle ne va pas quitter l'entreprise, profiter du plan social, et suivre une formation pour se reconvertir.