SeaFrance : Louis Dreyfus Armateurs précise ses intentions

Un ferry de la compagnie SeaFrance dans le port de Calais (Pas-de-Calais), le 10 janvier 2012.
Un ferry de la compagnie SeaFrance dans le port de Calais (Pas-de-Calais), le 10 janvier 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le PDG du groupe a détaillé ce matin son projet, qui ne vise pas à reprendre la compagnie mais à embaucher 300 personnes pour relancer une activité sur la ligne Calais-Douvres. 

Le projet de Louis Dreyfus Armateurs (LDA) concernant SeaFrance se précise. Mercredi 11 janvier sur RTL, le président du groupe, Philippe Louis-Dreyfus, a confirmé la volonté de l'entreprise d'embaucher 300 personnes pour "relancer une activité" sur la ligne Calais-Douvres. Sans reprendre les navires, ni la compagnie SeaFrance.   

L'avenir des 880 salariés de la compagnie de ferries devrait se dessiner dans les jours qui viennent, à la suite de nombreuses rencontres prévues entre salariés, ministres, entreprises candidates et porteuses de divers projets.

• Des embauches dans le projet Louis Dreyfus Armateurs  

"Les navigants et le personnel non-navigant seront français, sur des navires français, et les conditions de travail seront celles qui sont dans le groupe Louis Dreyfus depuis toujours", a détaillé Philippe Louis-Dreyfus. Les ex-salariés de SeaFrance seront choisis sur CV "en fonction de leurs compétences et de leurs qualités spécifiques", a précisé Philippe Louis-Dreyfus. Sur RMC, Thierry Mariani, le ministre chargé des Transports, a cependant précisé que les anciens employés de SeaFrance devraient représenter "à peu près les trois-quarts" des 300 embauches prévues par LDA.

Ce projet, qui inclut le groupe danois DFDS, a reçu mardi un accueil prudent mais favorable de la part de la CGT et d'un collectif de salariés non-syndiqués. Une membre de ce groupe a indiqué que la ministre de l'Ecologie Natalie Kosciusko-Morizet s'est engagée à organiser une réunion au ministère "d'ici la fin de la semaine".

De son côté, le leader de la CGT SeaFrance Marc Sagot a précisé après la réunion avec la ministre que le projet LDA-DFDS semblait "le plus abouti". Mais, a-t-il ajouté, "nous nous étonnons qu'il y a trois semaines, ils déclaraient vouloir garder 600 salariés et aujourd'hui, on serait autour de 300. Un tel différentiel en si peu de temps pose question".

• 500 postes au sein de la SNCF

La SNCF, dont la filiale déficitaire SeaFrance a été liquidée lundi 9 janvier, va publier mercredi sur un site internet 500 propositions d'emplois à destination des salariés de la compagnie de ferries, a déclaré le ministre chargé des Transports Thierry Mariani. Ceux qui accepteront ces emplois intégrés à la compagnie ferroviaire "ne passeront même pas par le chômage", a-t-il précisé. 

Sur Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet a confirmé mardi que chaque salarié de SeaFrance recevra des indemnités bonifiées "de l'ordre 60 000 euros" et que "la SNCF proposera un reclassement à chaque salarié qui le souhaite, dans la mesure du possible dans la région".

• La Scop soutenue par Eurotunnel toujours en lice

Le groupe Eurotunnel, candidat à une reprise de la majorité des actifs de la compagnie de ferries SeaFrance, s'est déclaré mardi "dubitatif" sur le projet LDA-DFDS. En effet, "DFDS arrivera avec ses propres navires, qui disposent déjà de leurs propres équipages, et ils possèdent leurs propres équipes administratives", souligne Eurotunnel.

En réaction, le ton s'est durci avec LDA. Philippe Louis-Dreyfus a annoncé qu'il allait attaquer en diffamation Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel, pour ses propos tenus dans Libération lundi. "Je ne lui laisse pas le choix de nous insulter comme il l'a fait dans la presse en disant que nous ne respections pas nos engagements." 

L'exploitant du tunnel sous la Manche a réaffirmé son "soutien" au projet de reprise par une société coopérative (Scop), porté par la CFDT Maritime Nord, syndicat majoritaire à SeaFrance. Lundi, Eurotunnel s'était porté candidat au rachat des navires de SeaFrance, pour les louer ensuite à la Scop dans le cadre d'une société d'économie mixte.

Un entretien entre le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon et le ministre de l'Economie François Baroin devait avoir lieu mercredi à Paris pour détailler les propositions du groupe. Une rencontre avec les représentants des porteurs du projet de Scop doit également se dérouler "avant la fin de la semaine"

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