Des métallos de Florange tentent de s'enchaîner aux fenêtres de Matignon

Edouard Martin, leader de la CFDT du site ArcelorMittal de Florange (Moselle), le 9 janvier 2013.
Edouard Martin, leader de la CFDT du site ArcelorMittal de Florange (Moselle), le 9 janvier 2013. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Les manifestants, qui réclament toujours la nationalisation du site mosellan, affirment avoir été violemment délogés par les forces de l'ordre. Une délégation doit être reçue à l'Elysée.

L'opération a tourné court. Quelques salariés de Florange (Moselle) ont tenté, mercredi 23 janvier au petit matin, de s'enchaîner aux grilles d'une fenêtre de Matignon pour dénoncer l'accord entre le gouvernement et ArcelorMittal, qui scelle la fin des hauts-fourneaux du site mosellan. Les manifestants ont été délogés par les forces de l'ordre.

Margaux Manière, Elsa Mondin-Gava et Marie Cazaux - France 2

"Nous étions neuf et on s'est enchaînés aux barreaux d'une fenêtre de Matignon, mais on nous a expulsés violemment, avec des coups de matraque", a indiqué à l'AFP Marc Michel, militant CFDT du site de Florange, confirmant des informations de BFMTV. "C'est encore pire que sous Sarkozy", a-t-il poursuivi, en référence à l'accueil par des gaz lacrymogènes de salariés de Florange aux abords du QG de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Il a ajouté avoir "les poignets en sang tellement [les policiers] ont tiré".

Une délégation reçue à l'Elysée

Selon une source policière, une quinzaine de salariés d'ArcelorMittal ont manifesté vers 7h20 à proximité de Matignon. Trois se sont enchaînés à une fenêtre de l'hôtel de Matignon rue de Varenne (7e arrondissement). Les gardes républicains de Matignon ont coupé les chaînes et ont éloigné les manifestants vers la rue Vaneau. Selon cette source, cela s'est fait sans violence.

Ils se sont ensuite présentés au siège du PS pour y être reçus par le Premier secrétaire, Harlem Désir, a constaté une journaliste de l'AFP. "Lui, au moins, il nous reçoit", a lancé Edouard Martin (CFDT) devant le siège du PS, rue de Solférino.

Les manifestants entendaient protester contre l'accord conclu le 30 novembre entre ArcelorMittal et l'Etat, "car il n'a pas été négocié avec les syndicats (...) et en plus il n'a pas été signé et n'a donc pas de valeur, a expliqué Marc Michel. On veut revenir au plan d'Arnaud Montebourg car il est crédible et générateur d'emplois". Des salariés de Florange ont justement rendez-vous mercredi à l'Elysée, où une délégation de l'intersyndicale (CFDT-CGT-FO) doit remettre une pétition en faveur de la nationalisation.

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