Arrivée de salariés polonais chez PSA : "Je ne fais aucune confiance à la ministre du Travail pour régler le problème", déclare un délégué syndical CGT

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, le 29 mars 2019.
Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, le 29 mars 2019. (- / AFP)

Jean-Pierre Mercier accuse PSA de "se faire du fric sur le dos" des "camarades de Pologne, d'Espagne et d'Allemagne". Il n'y a qu'une seule motivation, dit-il, "c'est faire du cash".

Le gouvernement demande à PSA de renoncer à faire venir en France ses salariés polonais pour renforcer les équipes du site d'Hordain, dans le Nord, et de privilégier les intérimaires locaux. "Je ne fais aucune confiance à la ministre du Travail pour régler le problème", a réagi samedi 13 juin sur franceinfo Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, ouvrier à PSA Poissy (Yvelines).

franceinfo : Que pensez-vous de l'intervention du gouvernement ?

Jean-Pierre Mercier : Muriel Pénicaud était obligée d'intervenir devant la bronca et devant ce projet inacceptable de la direction de PSA de continuer la mise en concurrence des salariés les uns contre les autres. Depuis des années PSA joue les intérimaires contre les CDI en France, maintenant il joue les Polonais contre les Espagnols, les Allemands, contre les intérimaires en les sous-payant et en les exploitants. PSA est dans la complète illégalité.

Pourquoi dites-vous que PSA est dans l'illégalité ?

Avant le virus, on avait à peu près 8 000 intérimaires sur le groupe. Maintenant on n'en a plus du tout. Vous avez encore des intérimaires qui sont encore sous contrat PSA et dont le contrat se termine le 30 juin, le 31 juillet, qui sont prisonniers de leur contrat, payés à 84% au chômage partiel et s'ils veulent travailler chez un autre patron à 100% ils ne peuvent pas à moins de casser leur contrat et de perdre leurs indemnités de fin de mission. Donc, ils sont dans la complète illégalité chez PSA.

Pensez-vous que le gouvernement peut régler le problème ?

Que la ministre monte au créneau c'était le minimum mais derrière je ne fais aucune confiance à la ministre pour régler le problème. La ministre du Travail est du côté de PSA. Ils vont s'entendre sur le dos des intérimaires, sur le dos des travailleurs de PSA et de nos camarades de Pologne, d'Espagne et d'Allemagne.

Les salariés polonais auraient été payés comme les Français. Pourquoi cela vous dérange ?

C'est faux. La direction de PSA joue sur les mots. Ils ne seront pas payés au tarif des CDI PSA France, mais au tarif conventionnel de la métallurgie française qui est bien en dessous du tarif de PSA France. Là aussi c'est se faire du fric sur le dos de nos camarades de Pologne, d'Espagne et d'Allemagne. Il n'y a qu'une seule motivation, c'est faire du cash, de la rentabilité, être compétitif sur le dos des salariés. Ce n'est pas nouveau chez PSA.

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